Lucky Lucky ! ou le sens du service à la cambodgienne


Pour vos visas pour le Cambodge, une fois sur place, pensez Lucky !

Venir au Cambodge n’est pas une aventure. Ce n’est pas pire que d’aller en Afrique ou en Amérique du Sud.

Avant le départ, il faut simplement prendre ses précautions : trouver le bon équilibre « poids/efficacité » de ses bagages, avoir des papiers à jour et accepter de passer une quinzaine d’heures en avion pour arriver à Phnom Penh. Sans oublier le bon guide touristique, en français ou en anglais. Celui que je préfère est Lonely Planet (en version Kindle, c’est parfait) et pour sortir des sentiers battus « To Cambodia with love » (vous en trouverez d’autres ici).

Lucky ou le service à la cambodgienne

Et qu’en est-il pour le visa ? L’ambassade explique, de manière pas toujours compréhensible, que vous avez le choix entre touriste et business (qui ne s’appelle pas toujours business d’ailleurs). Le premier est valable 30 jours, renouvelable une fois, le second est valable 30 jours, renouvelable… plusieurs fois.

Vous pouvez prendre le premier Plus

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Le sens de la mesure


Dans un précédent article, je vous donnais la température. À vue de nez, comme ça, environ 37 degrés.

Je me rends compte que connaître la température ne sert à rien. Ni de savoir l’heure exacte. En tout cas le domaine de la mesure est assez peu exploité ici. C’est le moins que l’on puisse dire.

Quand il fait chaud, il fait chaud. Entendu tout a l’heure en plein cagnard du midi, un couple au restaurant : « il fait chaud, tu sais combien il fait ? Non, je ne sais pas, il fait très chaud, là ». Oui, il fait simplement bon, chaud, très chaud, insupportablement chaud. Quelle que soit la température, on s’adapte avec un ventilateur, en roulant sur sa moto ou en se couvrant d’un polaire. Le mot « froid » n’est pas utilisé ici.

« Bonjour, il va pleuvoir aujourdhui ? » Grande préoccupation du touriste, qui a planifié toute sa journée et compte bien en profiter un maximum. On le comprend, mais lorsque vous demandez la meteo a un cambodgien, il vous regarde avec un sourire et son légendaire « yes yes ok sir ». Pas de meteo a la télévision, pas de prévision. Quand la pluie arrive, on la sent venir : le vent se lève, le ciel se couvre plus moins vite, nous indiquant la rapidité avec laquelle il faut descendre du motodop ou s’il vaut mieux choisir un tuk tuk, ou bien tout bêtement prévoir de se mettre à l’abri si vraiment on a peur de fondre.

Quand on a rendez-vous avec un cambodgien, l’heure n’a pas grande importance. Il a une montre plus ou moins grosse pas forcément à l’heure et qu’il ne regarde pas. Vous en avez une que vous regardez tout le temps, plus votre portable. Vous êtes en décalage et il ne sera pas à l’heure. Ce qui est important pour lui est ce que vois avez publié : le sens du temps, pas de l’heure. Donc connaître l’heure exacte ne vous sert à rien. Par contre, savoir approximativement, au soleil, l’heure peut grandement vous aider.

Quand le soleil se lève, il commence à faire chaud. Effet immédiat. Vous savez que c’est le matin et que la journée sera belle. Jusqu’au coucher du soleil où la température baissera un peu. Ici, on bouge en fonction de ça : le soleil et la température. Donc s’il se lève à 6h42 n’a pas d’incidence majeure : il faut se lever tôt, puis se mettre au frais, se reposer puis se remettre en action tard dans la journée.

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Sur les marchés, vous voulez un kilo de ramboutan ? Vous aurez un sachet pour 1000 riels (je vous laisse faire la conversion et trouver ce qu’est un ramboutan). Il y a peu de balance à part sur les étals de viande, qui prend souvent la forme d’un pesant. Le poids sera approximatif et ça ne sert à rien : c’est la quantité et la qualité qui sont importantes, pas ce qu’elles pèsent. La valeur quoi.

Combien de kilomètres vous sépare de votre destination ? Ben, ça dépend de la circulation. Ah bon. Donc on oublie les kilomètres et on évalue le temps de trajet. Sans montre, environ, à peu près mais ça dépend… Et s’il se met à pleuvoir, c’est plus long. Donc plus loin. Vous avez compris la logique ? On s’habitue.

Dans certains hôtels le prix de la course de tuk tuk est affiché. Les chauffeurs de tuk tuk ne sont pas contents. Normal. Mais eux ne comptent pas leur prix de revient. « gazoline expensive, sir » (essence chère). Mais coût du tuk tuk, consommation, entretien ? Non, ce qui compte c’est combien il me reste à la fin de la journée et je mets de l’essence en fonction. On ne mesure pas, on compte.

Pour un mariage, un cambodgien ma dit : je me marie dans dix jours. Cool, ça va être une belle fête (j’espérais secrètement un appel du pied et être invité, mais ça n’a pas fonctionné 😦 . Pour l’occasion, la famille louera un salon de mariage dans un « mariage center » (pour les plus fortunés ; pour les autres, ils occuperont un trottoir), et rien ne sera assez beau. Mon cambodgien à invité 600 personnes pendant trois jours. Il ne sait pas combien ça coûte. Rien ne sera assez bien pour son prestige, celui de sa fiancée et celle des familles. Ça c’est difficile à mesurer.

Quant au temps de travail… On travaille, et puis on se repose, et puis on travaille, et puis on se repose. Une heure ? Mais c’est quoi une heure ?

Pour un européen, à fortiori un français par nature cartésien, c’est absolument déroutant.

Takaboum, takakaboum, takboum


Pas mal de rendez-vous ces deux dernières semaines. Le rythme va s’accélérer les deux semaines qui viennent à Phnom Penh, où je dois rencontrer Chambre de Commerce, Ambassade de France, hôteliers, agences de voyages, universitaires et agences de conseil. Je pense que je ne vais pas chômer !

Connaissez-vous le bruit du Takaboum (pas celui du boum boum, c’est assez différent) ?

Et bien votre ouïe a loupé quelque chose d’incroyable et de mémorable.

Sur mon fier destrier avec mon copain Reth tout de jaune vétu, nous arrivons au lieu dit « Takaboum ». Ce lieu est unique parce que l’expérience que vous y vivez est unique. Au Cambodge, peut être plus qu’ailleurs, chaque expérience est étonnante : la surprise et l’imprévu sont toujours au rendez-vous.

« Welcome sir, how are you today ? » me demande un policier à mon arrivée. Grand sourire, il me pose les 4 ou 5 questions habituelles et me demande 10$.

Je peux vous assurer que l’on ne fait pas le fier quand un policier vous demande 10$ au Cambodge.

« C’est le prix du trajet, environ une heure, le chauffeur gagne sa vie comme çà et il peut nourrir sa famille ». Le prix normal ? Entre 5 et 7$. et me voilà à négocier avec un policier en tenue le prix d’un voyage en Bamboo Train.

5 minutes et 6$. le résultat est pas mal d’autant que ce policier m’a ensuite pris en photo !

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Je découvre le Bamboo Train : deux essieux, une plateforme en bambou posée dessus et un moteur de tondeuse. Le tout sur des rails datant des années… Je en sais pas, de l’époque française en tout cas.

Le Bamboo Train, c’est l’imagination des cambodgiens au pouvoir. Simple, bien bricolé, solide, durable, économique. Utilisé sur toute la longueur de la voie pour transporter tout ce qui est transportable : sacs de riz, familles, outils, moteurs…

Le roulement du Bambou Train se fait sur des rails dilatés, pas ajustés et ce qui doit étre une ligne droite est en réalité une succession de bosses et de courbes violentes. Donc Takaboum!

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La voie est unique : croisement impossible ? Non, pas du tout : quand on doit se croiser, les deux s’arrêtent, le moins chargé décharge et démonte son engin, le pose à côté de la voie ; une fois passé, le second l’aide à remonter et chacun continue son chemin. 3 à 5 minutes chrono. Simple et efficace.

A bout de la voie, un village et une briquetterie que les enfants vous font visiter.

Avant le trajet retour, ils me fabriquent l’un une bague en feuille de bambou, l’autre une sauterelle. « cadeau pour toi monsieur ». Rien en échange, juste me faire plaisir. Gratuit. Incroyable. Emouvant.

Le cambodgien est souvent ingrat et individualiste, mais toujours gentil et généreux. Rien en retour. C’est ce que mon copain Reth m’a montré et que je n’ai pas compris sur le moment : partager ses connaissances, m’offrir presque une journée sur sa moto pour me faire visiter ce que je voulais. Sans rien demander en échange.

Du pur bonheur.

Ouuuuuh, very expensive, sir !


Ici au Cambodge, tout ou presque se négocie, à peu près partout. Je peux donc mettre mes talents de négociateur en pratique… Et je ne suis pas sûr d’avoir encore bien compris finalement.

Ce matin, un tuk tuk est venu me chercher à 8h à peu près (pour 7h30). Je voulais aller voir des villages flottants sur le lac Tonlé Sap. Il faut environ une demie journée pour faire l’aller retour, deux villages à voir, environ 100 kilomètres en tout. Prix du marché : 12-15$.

Il en demande 30. Je fais « ouuuuuh très cher » (j’ai apppris à faire ouuuuuh avec eux, c’est très expressif). « Oui, mais c’est que je suis fatigué, et la route est longue ». On ne me l’avais jamais fait le coup de la fatigue pour demander cher ! « Je comprends, mais le prix pour ce trajet c’est plutôt 10$ ». Il n’a pas entendu je crois.

Je le regarde, lui demande ce qu’il en pense… « Ouuuuh, 10$, non, pas possible, je n’ai pas d’argent, moi, pas beaucoup d’argent, 30$ c’est bon prix ! ». Je ressors du tuk tuk, je prends mon sac et je lui dit que je veux bien 15$ mais pas plus. « Non, en ce moment, saison basse, pas de clients, donc le prix est cher, c’est normal ». Ça non plus on ne me l’avait jamais fait le coup du peu de clients. Une concurrence à l’envers, peu de clients donc les prix augmentent. On se croirait chez Auchan.

J’attends un peu qu’il me donne l’argument qui tue : « gasoline expensive, sir, very expensive ». Ça y est, il l’a dit. Donc réponse qui tue, je veux bien 15$ plus 5$ pour l’essence. On est d’accord, on est parti.

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Ouuuh, gasoline very expensive !

Le premier village : en bord de lac, peu d’eau, les maisons sont donc… Quasi sur le sable et les autres sur pilotis! L’endroit est splendide! Trois jeunes arrivent, dont un portant une casquette genre révolutionnaire cubain. Je range mon appareil photo, je ne les sens pas ceux-là. J’ai compris après qu’ils font les durs pour montrer que ce sont eux qui décident du prix pour les touristes. Il parlent au chauffeur.

Je découvre qu’ils « représentent une base éco-touristique et qu’ils ont un bateau et qu’ils aimeraient bien que j’aille faire un tour en bateau ». Le coup éco-touristique est une découverte, le décor n’étant pas du tout éco et pas franchement touristique. Mais le prix lui est très touristique : 40$ pour une balade. Non. « Ok 30$ ? ». Non. J’ai décidé de faire ma mauvaise tête. Je leur dit que je vais marcher, c’est aussi bien. « Ok, comme vous voulez ! ». Je viens de vivre la négociation la plus intense de ma vie.

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Le second village : un barrière quelques kilomètres avant, un jeune qui garde la barrière. Le tuk tuk s’arrête. Le jeune hurle « hello ! 40$ pour aller, et on a qu’un bateau pour visiter ». Payer pour entrer dans un village, je ne comprends pas. Il me tend un ticket, attand que je paye. Je tente 10$ mais bon, échec total. « Pas de clients, monsieur, donc 35$ ». Demi tour et retour à Siem Reap.

J’ai fait des progrès en négociation aujourd’hui.

Le bus de 11 heures.


Vous allez dire, ça recommence, le bus, les gens, le bruit, le karaoké… Oui, ça recommence, je récidive et suis parti de Phnom Penh à Siem Reap. Le bus de 11h, compagnie Sorya, à prendre près de Psar Thmei entre les deux stations service Sokimex et en face de celle de Total. Vous voyez ?

Je pensais en avoir vu pas mal la dernière fois en allant à Battambang mais chaque expérience est nouvelle ! En tout cas au Cambodge, rien ne se répète apparemment et c’est tant mieux.

Après avoir chargé ma grosse valise dans le ventre du gros Hyundai multicolore, me voici tranquillement installé place 4, celle juste devant, ce qui en cas de collision n’est pas du tout rassurant. Mais la vue est belle

11h25, départ, après avoir accueilli tout le monde… Dehors il fait très chaud, dedans il commence à faire frisquet.

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Mon voisin se présente, me sourit, passe aux 5 questions classiques (comment tu t’appelles, au Cambodge depuis combien de temps, tu restes combien de temps, tu viens d’où, et la cinquième je ne sais jamais, il y a des variantes). Ensuite, je tente un « je suis heureux d’être là, c’est un beau pays, tu habites où ? » Mutisme, sourire, resourire, je réponds sourire, on se regarde, puis « yes, bioutifoul here, Phnom Penh bioutifoul » ouais, il parle anglais !

On a discuté comme ça, de temps en temps… Famille pauvre, il est venu pour du travail, il n’en a pas trouvé, reviens à Siem Reap pour voir sa famille, qui habite pas loin… Histoire assez classique mais sans issue car « no education, you see, no education… (silence). I want to working hard, to save money, you know, my family… (silence) » je pensais qu’il allait demander quelques dollars au barang que je suis mais non, rien, il m’a laissé simplement son portable et m’a dit que je venais quand je voulais chez lui, j’étais invité.

Puis le jacassement des voisines me sortait de temps en temps de la discussion. Deux lesbiennes chinoises en périple, hihihi, hahaha, deux belles grandes et jolies chinoises très aisées se faisant des mamours en veux-tu en voilà, presque indécent, et demandant au chauffeur de mettre des DVD de karaoké.

Le chauffeur s’exécute… Mais la télévision à rendu l’âme au bout de quelques minutes. Aucun souci, on fera le karaoké sans l’image.

Sont arrivés en cours de route une poule avec une vieille dame, une famille complète (c’est grand une famille ici) avec deux bébés, ça sort, ça rentre, on ne sait plus combien il y a de personnes dans le bus.

Puis vient la pluie. Les seaux d’eau. Le chauffeur, expérimenté vu son âge, n’a pas ralenti.
J’ai donc vu défiler pendant quelques heures des ORNI, objets roulants non identifiés. Comme cette moto doublant par la droite mon bus, qui lui même doublait un camion. La moto a gagné.

Quelques légères embardées m’ont fait réaliser que la place numéro 4 n’était pas forcément la plus confortable.

Je l’ai vu arriver ce veau. Sa mère maigre a traversé la route à toute vitesse, le beau veau, avec un peu de retard, l’a suivi. Entre temps mon bus est arrivé. Le chauffeur à fait ce qu’il fallait : un ptit coup à gauche, puis un gros à droite, on évite le veau, le bord de la route et accessoirement la moto qui double sur la droite et les gens qui sont assis sous la pluie à regarder les ORNI passer.Puis un petit choc. Sur le côté gauche du bus, le veau titube. Un peu sonné mais il s’en remettra.

Quelques seaux d’eau plus tard, nous voici à Siem Reap, la ville la plus touristique du pays.

Tout le monde vient à Siem Reap, pour les Temples d’Angkor. Restent deux jours et puis s’en vont.

Dans cette ville champignon où l’on ne compte plus les ouvertures de guest houses, il y a une gare de bus. Sous la pluie, cela ressemble à un grand terrain vague sur lequel ça et la émergent quelques tuktuks.

Avant d’arriver à une plateforme bétonnée, nous avons attendu environ un bon quart d’heure : le bus s’est embourbé jusqu’à l’essieu, ce qui a nécessité l’intervention de dizaines de cambodgiens.

Au total, plus de 7h30 de trajet.

Une fois atteinte la destination, les chauffeurs de tuktuk ont fait les mouches sur le pot de miel et arrivés en masse pour proposer leurs services. Je choisis le mien. Impossible d’ouvrir le coffre à bagages : le veau à laissé sa trace, donc mon chauffeur s’est allongé dans la soute pour récupérer mon précieux.

Arrivé à 19h à Salabaï, merveilleux endroit dont je vous conterai l’histoire dans le prochain article.

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