Lupanar, le panard


Je reprends aujourd’hui un mot tiré d’un commentaire de ma douce suite à l’article « Embrouillement« , qui parle avec beaucoup d’humour des photos et de « lupanar » à l’occasion d’une visite assez exotique dans un salon de massage un peu particulier la semaine dernière.

C’était à ce moment là un « full body massage » que je ne vous ai pas raconté.Je vous le dis dès maintenant : je viens de récidiver aujourd’hui vers 15h30. Quand on est accro…

La semaine dernière, je suis donc arrivé dans ce lieu simple, tout écrit ou presque en khmer, nommé « seeing hands ». Je ne savais pas du tout ce que j’allais trouver : j’avais demandé à Tom le tuk tuk de m’emmener dans un endroit pour un massage. Je commence à comprendre maintenant que demander ce genre de chose est assez risqué.

Accueil dans cet anglais dont les cambodgiens ont le secret : « all body or foot ? ». Euh… all body. Je tente le coup : les cambodgiens ne s’offusquent jamais d’un refus poli en cours de route. Confiant, je suis la jolie demoiselle. Petit couloir sombre, pièce éclairée au néon en arrière boutique, armoires en fer, elle sort une paire de tongs, une serviette et un tissu vert. Un homme en blanc était assis devant les armoires, quelque chose de bizarre dans son regard. Et pour cause.

« Follow me » (suivez-moi). Je le suis, nous montons un escalier étroit sans rampe. Il me conduit d’un pas sûr. En haut de l’escalier il se retourne : dans la pénombre, je me rends compte qu’il est aveugle. J’étais encore dans l’escalier, j’ai failli basculer de surprise. Aveugle.

J’entre dans la salle de massage. Je m’attendais à un salon cosy, musique douce, lumière tamisée, encens, enfin un truc comme on voit chez nous et j’imagine dans les autres salons de massage honnêtes de la ville. Six tables de massage en plastique. Trois personnes se font masser par des aveugles. Que des cambodgiens. Je me dis que c’est bon signe.

Lupanar. Ils me montent dessus mais je résiste au charme

Sous l’éclairage néon (inutile puisqu’ils travaillent dans le noir – ah ah !), on me prie de me déshabiller. Non, pas devant tout le monde. Enfin je peux, ils ne voient rien. Puis on me passe par la porte une combinaison verte en coton, genre celle que l’on porte à l’hôpital. Je m’allonge table n°4. Il arrive.

Je ferme les yeux. Je crois que je rêve. Sa poigne me ramène à la réalité. Massage mi shiatsu mi je-ne-sais-quoi, il masse exactement là où ça fait mal, là où c’est noué. Précisément. Avec dextérité. Avec force. Je souffre. J’adore. Il prend soin de n’avoir aucun contact avec la peau, je suis emmitouflé dans ma tenue de chirurgien.

Régulièrement, il me quitte des mains une seconde et j’entends l’heure : il vérifie sur son téléphone à reconnaissance vocale s’il est dans le timing. Il est dans le timing. Je commence à être sérieusement ramolli. Lui ne faiblit pas.

Cela se termine. Continuez, non arrêtez, enfin je ne sais plus. Il disparait. Je me rhabille. En bas, la charmante jeune cambodgienne encaisse : 7$ (5€30). Une heure de massage. Je me sens léger et tout cassé. Tom m’attends dehors. « Was it ok ? » (c’était bien ?). Je ne me souviens pas de la réponse, mais à ma tête, il m’a raccompagné direct à l’hôtel.

Aujourd’hui, je récidive : je fais les pieds. Une heure. 7$. Alors là, ce n’est plus du masochisme, c’est de l’inconscience. Il m’a fallu un bon quart d’heure assis avant de remettre mes tongs. J’ai mérité une méditation à la pagode toute proche de Wat Phnom. Je ne sais pas combien de temps l’encens m’a bercé. Je suis rentré à pied, une bonne demie-heure d’un pas léger, mais léger…

Sur le chemin, je découvre une supérette : je goûte du jus de longan et de winter melon – excellent. Rapide passage au Marché Central où se trouve la gare routière pour acheter mon billet pour Battambang (6$ pour 6 heures de bus – karaoké et klaxon inclus).

Demain déjeuner avec une journaliste qui travaille ici, elle suit le procès des Khmers Rouges et est installée depuis plus de 10 ans. Semaine prochaine deux rv en début de semaine (une ONG et une femme sui investit dans l’hôtellerie) puis Battambang (regardez sur la carte) : visite d’une ONG remarquable (Phare Ponleu Sepak) et d’un eco-hotel (le cabaret vert, tenu par un français très dynamique) où je reste deux nuits.

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