Voyage solidaire, vraiment ?


La grande tendance, c’est faire solidaire. On en trouve partout : sur les paquets de café comme dans les articles de journaux. Tout le monde en parle, cela frise l’indigestion.

La solidarité, c’est aussi distinguer le naturel du trucage. Ici, c’est nature.

Au palmarès des pays où le mot solidaire est prononcé, le Cambodge doit se tailler la part du lion. Personne ne sait vraiment combien d’ONG sont présentes sur place, les estimations oscillent entre 2500 et 4000. Une solidarité Nord Sud fondamentalement utile, encouragée mais Plus

Attention en traversant


A Battambang :

Alors que je cherche désespérément un tuk tuk qui comprenne ma destination, la pluie se met à tomber, quelques seaux d’eau ajoutés à la circulation chaotique de Battambang…

Je marche donc sous la pluie lorsque j’entends un « boum ! », pas de tôles mais plutôt un choc dur accompagné d’un petit cri de chat.

Soudain, trois petites filles qui sortent en courant et hurlant d’un magasin. Bravant la circulation très agitée elles traversent la rue et stoppent leur course en plein milieu. Le temps de tourner la tête et je comprends la situation.

Une femme en pyjama rose « Angry Birds » (hyper tendance au Cambodge) est accroupie par terre se tenant la jambe et tente de se faire entendre. Un attroupement se forme sur les trottoirs et on commente la scène. À côté de la femme blessée se trouve la cause de son malheur : une moto. Rapidement, le conducteur remonte sur son cheval hurlant, démarre et s’en va.

La femme aidée des enfants arrive à regagner le trottoir. Dispersion.

J’ai eu du mal à me remettre en route.

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À Siem Reap :

Je dîne tranquillement chez Sokhtea, une cantine khmère loin de l’agitation touristique. Au menu : soupe de nouilles au poulet et une assiette de « morning glory » à la sauce d’huître (les morning glory sont de grandes tiges qui poussent dans les étangs, ressemblant à des tiges d’arum – excellent au wok !).

Je remarque une petite fille en pyjama jaune à fleurs, 3 ou 4 ans, regarder avec envie le comptoir derrière lequel ses parents font la cuisine. Puis elle se lance.

Telle Indiana Jones, la voici qui escalade avec difficulté l’édifice instable, un bon mètre 60. Elle me regarde genre  » tu ne me crois pas capable de le faire hein ? ». Et bien si, elle y arrive très bien et se tient maintenant debout sur le comptoir. Je crains le pire et attends une réaction des parents. Rien ne se passe.

Indiana Jones décide de gagner de l’altitude. Elle escalade maintenant une vitrine servant à ranger les ingrédients de la cuisine. Même regard, même témérité. Je me tiens prêt a toute éventualité. Ce qui devait arriver arriva avant même que je n’y pense : la vitrine casse sous le poids de la petite fille, bascule et se fracasse au sol, accompagnée d’un bruit sourd, la tête percute le trottoir au milieu des clients.

Quelques cris viennent de derrière le comptoir, on s’agite mais on n’arrète pas le wok. Un attroupement se forme aussitôt. On commente la scène. Ce sont deux touristes qui se ruent sur la petite fille fille, cherchent un regard d’adulte, rien, des cris et des commentaires. Ils emmènent la petite en tuk tuk à l’hôpital.

Les parents ont sorti du scotch pour remettre la vitrine en état.

Je n’ai pas bien digéré les morning glory.

Ici, il faut prendre soin de soi. Ne jamais commettre d’imprudence ni braver la circulation. Un accident est toujours un problème.

Takaboum, takakaboum, takboum


Pas mal de rendez-vous ces deux dernières semaines. Le rythme va s’accélérer les deux semaines qui viennent à Phnom Penh, où je dois rencontrer Chambre de Commerce, Ambassade de France, hôteliers, agences de voyages, universitaires et agences de conseil. Je pense que je ne vais pas chômer !

Connaissez-vous le bruit du Takaboum (pas celui du boum boum, c’est assez différent) ?

Et bien votre ouïe a loupé quelque chose d’incroyable et de mémorable.

Sur mon fier destrier avec mon copain Reth tout de jaune vétu, nous arrivons au lieu dit « Takaboum ». Ce lieu est unique parce que l’expérience que vous y vivez est unique. Au Cambodge, peut être plus qu’ailleurs, chaque expérience est étonnante : la surprise et l’imprévu sont toujours au rendez-vous.

« Welcome sir, how are you today ? » me demande un policier à mon arrivée. Grand sourire, il me pose les 4 ou 5 questions habituelles et me demande 10$.

Je peux vous assurer que l’on ne fait pas le fier quand un policier vous demande 10$ au Cambodge.

« C’est le prix du trajet, environ une heure, le chauffeur gagne sa vie comme çà et il peut nourrir sa famille ». Le prix normal ? Entre 5 et 7$. et me voilà à négocier avec un policier en tenue le prix d’un voyage en Bamboo Train.

5 minutes et 6$. le résultat est pas mal d’autant que ce policier m’a ensuite pris en photo !

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Je découvre le Bamboo Train : deux essieux, une plateforme en bambou posée dessus et un moteur de tondeuse. Le tout sur des rails datant des années… Je en sais pas, de l’époque française en tout cas.

Le Bamboo Train, c’est l’imagination des cambodgiens au pouvoir. Simple, bien bricolé, solide, durable, économique. Utilisé sur toute la longueur de la voie pour transporter tout ce qui est transportable : sacs de riz, familles, outils, moteurs…

Le roulement du Bambou Train se fait sur des rails dilatés, pas ajustés et ce qui doit étre une ligne droite est en réalité une succession de bosses et de courbes violentes. Donc Takaboum!

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La voie est unique : croisement impossible ? Non, pas du tout : quand on doit se croiser, les deux s’arrêtent, le moins chargé décharge et démonte son engin, le pose à côté de la voie ; une fois passé, le second l’aide à remonter et chacun continue son chemin. 3 à 5 minutes chrono. Simple et efficace.

A bout de la voie, un village et une briquetterie que les enfants vous font visiter.

Avant le trajet retour, ils me fabriquent l’un une bague en feuille de bambou, l’autre une sauterelle. « cadeau pour toi monsieur ». Rien en échange, juste me faire plaisir. Gratuit. Incroyable. Emouvant.

Le cambodgien est souvent ingrat et individualiste, mais toujours gentil et généreux. Rien en retour. C’est ce que mon copain Reth m’a montré et que je n’ai pas compris sur le moment : partager ses connaissances, m’offrir presque une journée sur sa moto pour me faire visiter ce que je voulais. Sans rien demander en échange.

Du pur bonheur.

Motoboat


Le centre de Battambang est partiellement inondé. De l’eau jusqu’en haut des mollets

Chacun se débrouille : on prend de l’élan là où il y a moins d’eau et on tente de naviguer ; on quitte teeshirts et tongs pour profiter de la douche, on barricade les maisons avec des sacs, des paillassons et ce qu’on a sous la main, on joue dans la rue, on récupère l’eau de pluie avec des bassines, on fait la lessive dans l’eau boueuse.

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Ce qui est sûr c’est que les gens attendent la pluie. Ce qui serait dans certains pays une catastrophe d’avoir les pieds mouillés est ici accueilli avec joie. Pourtant, ce n’est pas forcément drôle d’avoir de l’eau dans sa maison ou de voir son toit s’envoler. Mais c’est apparemment surmontable, même pour les plus pauvres.

Et les motodop deviennent des motoboat.

Les copains d’abord


Un copain au Cambodge c’est sacré.

En février dernier, lors du mariage khmer auquel j’avais assisté, j’ai rencontré Reth, un jeune qu travaille pour une grosse agence de voyages. Nous avions un peu sympathisé, il m’avait invité chez lui si jamais je revenais à Battambang. On était donc copains.

Je suis revenu à Battambang, j’ai appelé Reth et nous nous sommes retrouvés le soir. Evidemment on ne s’est pas reconnus, on ne s’est vus qu’une fois dans un mariage…

Le soir, il m’a emmené boire un verre chez un copain. Un bon quart d’heure de moto dans des rues pas éclairées et on se retrouve au fond d’une cour, devant un bar sur la porte duquel il était marqué « closed ». Il me dit, « c’est bien ici, il y a une jolie terrasse qui donne sur la rivière, très joli ». Oui, effectivement, vers 21h30 sans lumière, très joli… Un peu sombre tout de même. Finalement, on n’a pas vu le copain et on a bu un verre dans un bar khmer normal.

Il me propose de m’emmener le lendemain voir ce que je veux. Il ne travaille pas. C’est férié : l’anniversaire du Roi. Banco, c’est l’occasion de voir un autre Cambodge.

Il passe me prendre, à l’heure. Au programme : Temple Banon, visite d’un viticulteur (si, si, c’est vrai) et Bamboo Train.

Sur le chemin on s’arrête voir un copain coiffeur. Discussion très brève, puis dans l’arrière boutique il me présente son « prof » (de quoi, je n’ai jamais su). Sourire, bonjour, au revoir.

Il me montre ensuite sa maison (enfin, elle n’est pas terminée et il ne sait pas quand elle le sera, mais il y a un copain dedans qui garde le chantier).

Remonté sur la moto, je décide de laisser aller le mouvement. Cela lui a fait plaisir, j’imagine, de me présenter un copain coiffeur ou bien de montrer qu’il avait un copain barang. Je ne saurai pas non plus.

Direction le Bamboo Train (je raconterai dans un autre article cette aventure) et sur le chemin, on s’arrête devant une maison. « On est où là ? » On passe voir un copain. Ah. On passe la porte et dans une pièce il y a 5 copains assis par terre. Le plus grand me dit qu’il est artiste, il fait du cirque. Puis il me propose de fumer. C’est très gentil, mais on va y aller, il commence à faire chaud.

Dégustation de vin : même sortant du frigo, ses arômes acides et âcres étaient assez prononcés.

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Copain peintre

Sur la route, le pneu arrière de sa moto crève. Pas de souci ici, au moindre problème vous avez une guitoune où réparer quoique ce soit sur votre engin. En l’occurence, une maison sous laquelle un couple de personnes très âgées dormaient dans un hamac. Reth réveille l’homme maigre et ridé, qui dégaine instantanément une petite boîte en bois : des outils pour changer une chambre à air.

Le temps de l’opération, Reth m’invite à marcher dans la campagne. Allons-y ! Au bout de 10 minutes, au milieu des bananiers et des manguiers, il me montre une cabane blanche : « on va chez mon copain ». Une blague ! Je me retrouve dans un atelier de peintre, le copain a vraiment du talent et prépare une expo à Phnom Penh pour juin. Et de derrière la maison, un autre copain sort pour dire bonjour. Peintre aussi, mais ailleurs.

Puis le premier prend sa moto et s’en va, le second retourne derrière la cabane et Reth lance des bouts de bois pour faire tomber des mangues mûres. Je me retrouve donc tout seul dans la cabane, tout le monde a disparu.

Le copain revient et avec lui… Un copain journaliste, Justus, un allemand expatrié à Hong Kong. Il fait un reportage sur les artistes émergents du Cambodge.

Et me voilà en train de discuter peinture et social business avec un peintre cambodgien et un journaliste allemand au milieu des manguiers et… Des fourmis rouges que je n’avais pas senti grimper sur ma jambe.

Mon copain Reth m’a finalement ramené à mon hôtel. Je sentais que cela lui faisait plaisir de me faire rencontrer ses copains. Oui, moi assi, très honoré.

Il remonte sur sa moto. Il doit voir des copains cet après midi.

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