Colère


Il ne faut pas se la raconter les Cambodgiens sont cools mais parfois très énervants.

Il n’est pas facile de garder sa zen-attitude tout le temps. Pourtant lorsque l’on s’énerve, on n’obtient absolument rien.

Le bus Battambang-Phnom Penh était plein à craquer. Mon voisin sud-africain, très sympa, a été surpris tout comme moi de voir mes voisins engloutir deux grands sachets de cafards et de sauterelles frits au piment, tout comme les voyageurs assis sur des mini- tabourets dans l’allée centrale du bus.

L’arrivée à Phnom Penh ne s’est pas faite à la gare des bus habituelle, mais au coin d’un immense boulevard à 4 voies et d’une rue microscopique et défoncée.

Je sais que vivre ici c’est souvent l’aventure. Personne ne savait si le bus continuait ou si c’était terminus. J’ai demandé à un chauffeur de tuk tuk de venir me chercher : évidemment il m’attendait à l’endroit normal. Le bus n’est pas reparti. Donc…

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Zen, restons zen, mais quand c’est non, c’est non.

Impossible de sortir du bus : la porte avant était bloquée par un immense sac de riz. Une fois ce problème résolu, la porte s’ouvre et s’engouffre sur la première marche une foule absolument hystérique de chauffeurs de moto et de tuk tuk. Ils avaient l’air en transe, transpirant et hurlant des « tuk tuk sir » en veux tu en voilà.

Cela ne présageait rien de bon pour mon état de zénitude et je sentais bien malgré moi mon sourire disparaître devant cette horde sauvage. Je pressentais la suite des événements.

Tant bien que mal, Jess le sud africain et moi arrivons à force de bras à nous frayer un chemin. La tension monte d’un petit cran lorsque deux chauffeurs me prennent chacun un bras en me hurlant en stéréo « tuk tuk sir, where you go etc… ». Je repousse aussi calmement que possible les bras et dit aussi poliment que possible que nous n’avons pas besoin? Que l’on vient nous chercher, que l’on va marcher, et puis NON. Et encore NON.

Ils s’éloignent, récupèrent chacun un de nos bagages, et ça recommence. De véritables groupies façon Justin Bieber, totalement hystériques. Réponse identique, on prends nos bagages et on s’éloigne. 4 chauffeurs nous suivent, nous lancent la même chose, et ça repart pour un tour. Je perds mon calme. « Toi et Toi, vous comprenez NON ? Ce que ça veut dire NON ? Vous écoutez ce que je dis, quand je dis NON ? ». Evidemment, une petite foule s’approche, on ne parle jamais fort ici.

Nous partons a la recherche du coin de rue suivant, j’appelle mon chauffeur de tuk tuk, qui a mis une bonnne vingtaine de minutes pour arriver (ce qui normalement ce fait en 5 minutes, mais passons). En attendant, nos « agresseurs » étaient toujours là. L’un d’eux est même allé cherché deux autres chauffeurs pour qu’ils nous proposent une nouvelle fois le transport. Cela confinait au harcèlement lorsque une moto arrive pour la même chose. Je m’assois sur le trottoir, je regarde tout le monde et dans un dernier NOOOO ! Je me cache le visage entre les mains.

La délivrance arrivera un moment plus tard avec mon chauffeur calme et posé. Il a juste passé tout le trajet à s’excuser de ne pas avoir été là, vraiment désolé, sorry, bla bla bla, je n’écoutais plus, je voulais une douche fraîche et oublier ce moment.

Avec le recul, je pense que ces gens ont faim, il n’y a pas grand monde à Phnom Penh, donc ils se battent pour avoir un client. Je pense aussi que ma réaction n’était pas la bonne, parce que le barang que je suis ne dois pas s’énerver et rester maître de lui-même. Mais je reste un barang et je ne me laisserai pas marcher sur les pieds ou contraindre par une bande d’hystériques à faire ce que je ne veux pas faire.

Equilibre


Encore quelques jours ici, à Phnom Penh, Cambodge. Je viens d’apprendre que « différents syndicats de personnel du transport aérien avaient lancé un préavis de grève du 6 au 9 février ». Je repars donc le 10 au lieu du 8. Deux jours de plus. La France ne change pas…

La semaine prochaine, j’ai encore quelques rendez-vous (un investisseur hôtelier, une expat, une école qui cherche des professeurs pour enseigner en langue anglaise, le directeur de l’Association Universitaire de la Francophonie, le Centre de Formation Informatique de l’ONG Passerelles Numériques).

Au total, j’aurais rencontré beaucoup plus de personnes que je n’aurais pu espérer. C’est un formidable voyage.

Le chemin se dessine un peu mais reste encore très flou. Je teste une idée de tourisme basé sur la découverte locale et le soutien aux initiatives des ONG, l’accueil du principe est positif ; j’en ai déjà discuté avec deux hôteliers, une journaliste et mon chauffeur de tuk tuk devant une bière hier soir. D’autres idées sont aussi en maturation. C’est très positif aussi.

Ce n’est pas bien sûr le temps de faire le point, je suis encore là une semaine, mais je suis très heureux d’avoir la possibilité de faire tout cela, ici, à 13 076 kilomètres de la maison.

Mais ce que je ressens est d’une nature moins énergique. Ce qui parait aujourd’hui de votre point de vue sans doute enchanteur ou positif n’est qu’une petite étape dans ce parcours de l’expatriation.

Ce qui est très difficile, comme je l’ai déjà mentionné ici, c’est de rester objectif. J’ai un sentiment comparable à que ce que j’ai exprimé dans cet article daté du début de mon séjour.

La perte totale de repères culturels, identitaires, linguistiques, religieux, quotidiens, climatiques, visuels, professionnels… est très compliquée à gérer. Au-delà du rythme assez soutenu de mon périple (je pense que j’en ai fait sans doute un peu trop), ce sont ces « marques » qui me manquent aujourd’hui pour rester clair.

C’est normal. S’expatrier, c’est être contraint à passer par un cycle, celui du changement : après la phase de découverte enthousiaste, vient celle du questionnement, qui peut devenir un refus. Une étape à passer, la plus difficile sans doute.

Le sommeil du juste

Cela ce manifeste très simplement : une irritation voire un énervement pour ce qui il y a deux semaines avait du charme. Le quasi-refus de sortir de l’hôtel alors qu’il n’y a pas si longtemps je partais marcher toute la journée à l’affût de tout.

Ce n’est pas de la lassitude. Ma tête est encombrée et pleine. Je commence à perdre ma lucidité à cause de la fatigue d’en avoir sans doute « trop vu » trop vite. Presque que comme si j’en savais trop et que ça déborde. Je n’ai pas respecté mon rythme physique et psychologique, lancé dans cette aventure qui n’en est qu’à son tout début.

La journaliste que j’ai rencontré il y a une semaine m’a dit : « ici, le plus important n’est pas le business ni le boulot. C’est l’équilibre personnel et physique. Si tu lâches le physique, tu t’exposes à des risques de maladie et tu termines découragé, alors que dans un état équilibré, tu continues d’avoir la pêche, parce ce pays donne la pêche« .

Sa remarque est très juste : dans ce pays chaud empreint d’une culture bouddhiste, ma garantie est ma santé. J’ai vécu à la française dans un endroit où on ne peut pas se le permettre, je le paye un peu aujourd’hui. C’est un bon enseignement.

Ce dont j’ai vraiment besoin maintenant c’est de me reposer et de prendre de la distance et du recul. Physiquement (loin d’ici) et moralement (loin des gens ici et des idées qui ont fusé jusque maintenant).

La période mi février-avril sera donc un moment clé de repos et de mise au point avant un retour à Phnom Penh dans la foulée.

Le dernier hôtelier que j’ai rencontré à Battambang m’a dit « tu sais, c’est le second voyage qui compte, pas le premier. C’est au second que tu feras vraiment une opinion« . J’ai retenu ça aussi. Je vais mettre en pratique.

Ca va rentrer dans l’avion ?


Partir un mois au Cambodge, ce n’est pas partir en vacances. J’ai suivi les conseils des femmes qui m’entourent et j’en suis à 94 kilos 😉

Je vais devoir faire comme quand on prend Ryanair : je vais tout déballer sur le carrelage de la salle d’enregistrement, et séparer ce qui est absolument indispensable de ce qui sera sans aucun doute parfaitement inutile.

Allez, tout cela est pour rire, mon bagage attend de rentrer dans le gros avion…

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