Faites 3 pas avec moi dans la pagode bleue


Voici une découverte étonnante, émouvante, sombre, passionnante, envoutante, mystérieuse…

Voici une bande dessinée sur le Cambodge.

Pas une BD d’aventure ou de science fiction. Une histoire qui vient et qui repart, comme çà, l’air de rien, laissant en son sillage tout un tas de question sur la vie, la mort, les anciens, les accidents de la vie, l’aventure.

Ce petit ouvrage de 32 pages en petit format ne permet Plus

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Que d’eau, que d’eau…


Evidemment, vous vous attendez à découvrir un article sur la saison des pluies au Cambodge, aux inondations dues à la crue du Mékong ou encore aux grandes difficultés que connaissent la plupart des Cambodgiens pour se déplacer lorsqu’il y a de l’eau partout.

Et bien non. C’est de l’eau saine dont on parle ici et maintenant.

Le hasard fait bien les choses : lors de mon dernier déplacement Plus

Phnom Penh : où sont les femmes ?


Soirée très exotique et dépaysante chez Jean-Marc sur Riverside.

D’abord parce que Jean Marc est un cambodgien qui vient de Marseille. Ca commence assez fort à la commande d’une Angkor Beer. Il fait chaud ce soir, et seule une Angkor va me rafraîchir.

« Tiens, bonsoir, tu viens de France ? » me lance Jean-Marc, que je n’avais jamais vu de ma vie. Je regarde l’individu, je pensais qu’il était assis mais non, il était debout à côté de moi. « Oui, bonsoir, je suis arrivé il y a longtemps déjà »… et bien sûr, impayable le Jean-Marc, il me lance un « Peuchère, un Français ! ça fait plaisir » et poursuivant avec un accent  du sud à peine forcé « Boudu con, moi je suis de Marseille ! ».

A Phnom Penh, il y a aussi des femmes normales et respectables. Pas que des « opportunités » à « pécho ».

Très gentil Jean-Marc, mais tu as plutôt le look d’un cambodgien : tu es petit, tu as les yeux bridés et le sourire jusque là. Plus

Le changement c’est maintenant !


Deux mois, il aura fallu deux mois tout juste pour observer l’évolution tgv de Phnom Penh. Deux mois et je constate
depuis Février :

  • Il y a plein de panneaux de circulation dans la ville et des affiches incitant à la prudence au volant
  • Il y a sur toutes les affiches publicitaires (c’est à dire très peu) la mention « drink responsibly » et sur les paquets de cigarettes la mention « fumer tue » (enfin je crois parce que c’est écrit en khmer)
  • Il y a près du Stade Olympique un immense panneau d’affichage publicitaire en led, juste devant une pagode
  • Il y a quelques tuk tuk d’origine chinoise « Ju Ling » qui ne vont pas plus vite que les autres, mais font plus de bruit et ont la marche arrière
  • Il y a 30 nouveaux hôtels ayant ouvert ou allant le faire d’ici l’été
  • Il y a le projet de reconstruction des voies de chemin de fer et de réhabilitation de la gare de Phnom Penh qui a stoppé suite à un accident lors de la construction d’une voie a Sihanoukville
  • Il y a le lac Boueng Kak complètement remblayé
  • Il y a le délai de mise en place des transports en commun (bus) qui est passé de l’échéance 2035 à 2017
  • Il y a 14 morts à la frontière Cambodge-Thaïlande, 14 civils cambodgiens ayant été cueillir du bois de rose sur le territoire du voisin
  • Il y a le Cambodia Daily qui a augmenté sa pagination de 4 pages et créé un quotidien d’information en khmer
  • Il y a des caméras de video surveillance sur le Quay Sisowath
  • Il y a 12 nouvelles écoles privées (International blabla School ou Management blabla School) en cours de création
  • Il y a la prévision d’un organisme international qui vient de paraître et indique 6,6% de croissance en 2012, soit 1 point de moins que prévu en Février
  • Il y a 100 villas livrées sur Koh Pich et une seule occupée. La surface d’Elite Island a augmenté de 35%
  • Il y a 2 maisons qui sont tombées dans le Mékong
  • Il y a eu 17 manifestations pour le respect du droit de propriété

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Et le plus important : Angkor Beer a changé les capsules de ses bouteilles de bière, je suis complètement perdu.

Bouleversant : L’Elimination, de Rithy Panh


MAJ 21 mars 2012 : Interview flash de Rithy Panh sur France2, à découvrir ici.

Alors là, je suis bouleversé. Vous devez lire ce livre.

Un voyage se prépare selon moi en essayant de comprendre, tout du moins de connaître, le lieu, l’histoire, la vie des gens là où on va… On se rend compte alors que sa destination est souvent passionnante, attachante. Au Cambodge, il y a quelque chose de particulier, indéfinissable, donc j’approfondis. Et puis un jour, on rencontre un livre et on est percuté.

L’histoire récente du Cambodge a été marquée par des événements tragiques. Imaginez simplement qu’en 1993, il y a seulement 12 ans, on se battait encore dans les rues de Phnom Penh.

Mais de 1975 à 1979, c’était le moment des Khmers rouges. L’année 0, comme ils disent.

32 ans après « l’ère Khmère rouge » (4 ans et 1,7 million de morts – un quart de la population), Rithy Panh, cinéaste, revient sur les faits. Ce n’est pas un livre d’histoire. C’est une histoire d’hommes : l’auteur et Douch, leur relation perturbante, leur grande histoire par la petite porte.

Rithy Panh avait 13 ans en avril 1975 lorsque les Khmers rouges ont envahi Phnom Penh. La ville est restée sans habitants pendant 4 ans. L’auteur raconte avec des mots simples, dans le désordre de sa mémoire totalement saturée d’odeurs nauséabondes et de craquements d’os, la lente (mais parfois très rapide et arbitraire) extermination vers les campagnes, les longues marches, la famine, les nourrissons projetés contre les arbres devant leurs parents, le creusement des fosses charniers, les vieillards qui se laissent mourir de faim, la surveillance sans relâche, les médecins improvisés dans des hôpitaux transformés en mouroirs… Et ce n’est pas le plus difficile à lire.

En quelques semaines, l’adolescent perd son père, sa mère, ses soeurs, ses nièces et ses neveux. Il survit. Il échappe à la torture et à l’assassinat systématique des gens de « l’ancien peuple ». Il est sauvé de justesse de situations de mort dans lesquelles il entre si souvent – par fatigue ou inconscience.

Ces scènes sont racontées avec une horrible justesse et une tragique modestie. Le tout est magnifique.

Si Rithy Panh sait raconter son histoire avec mots justes et qui touchent au coeur, il nous livre en parallèle sa confrontation avec Douch, le maître d’oeuvre des tortures au S21, le bourreau qui se fait victime et n’arrive pas à mettre des mots sur l’indicible. C’est là que ce livre devient un chef d’oeuvre. Dans cet aller-retour incessant entre les deux histoires.

« Aujourd’hui, je ne cherche pas la vérité, mais la parole« , écrit-il. Libérer la parole, entre les souvenirs d’enfance, la mort tragique des siens, les supplices, la vie de S21 et les nuits dans le charnier de Choeung Ek…

Il raconte Douch, responsable du camp de torture S21 qu’il a interviewé en prison. Rithy Panh nous fait entendre le rire bruyant et sournois de ce bourreau si cultivé, l’interroge sur son parcours, le laisse livrer « sa » vérité, évoquer ses lectures, la religion, la vie, la politique.

J’ai presque l’impression que Douch est là, dans le salon, à côté de moi et de l’entendre rire. Terrifiant. « Douch est un homme. Et je veux qu’il soit un homme. Non pas retranché, mais rendu à son humanité par la parole. »

Douch rit, il est fatigué, il ne se souvient plus, il caresse les photos des victimes et son écriture rouge, se souvient soudain de tous les noms, de toutes les tortures, de tous les gestes, des ordres. Il change de ton, conteste, joue avec son interlocuteur. « Détruire », « Poursuivre », « Faire tenir », « Conserver », il écrit, note tout, sur les milliers de pages qui seront retrouvées après sa fuite de S21. Il regarde son « oeuvre ». En parle à demi-mot. Idéologie. Déshumanité.

Ce livre bouleversant est une expression différente et sans doute plus aboutie que le film « S21 – la machine de mort khmère rouge » (pour le visionner : cliquez ici). Il y a dans ce livre des scènes insoutenables mais l’évocation des mots mille fois plus forte que n’importe quelle horrifiante image.

Il y a dans ce livre le courage d’un homme qui ne cherche rien d’autre que l’expression de ce qui s’est passé sans chercher de coupable. Il y a aussi l’histoire d’un homme meurtri, mort à 13 ans et vivant aujourd’hui.

L’Elimination est un très grand livre, dont les personnages deviennent fascinants, même le pire des bourreaux.

Je ne verrai sans doute plus les Cambodgiens avec le même oeil après cette lecture.

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