Les 50’s cambodgiennes


Au détour de la rue 178, mon regard est arrêté, que dis-je, interpelé, par une affiche publicitaire.

En France, mon père était agent de voyages. C’était à l’époque où chaque périple se concevait sur mesure, où l’on partait en croisière transatlantique et pour aller plus près on prenait la SNCF à vapeur pour se rendre dans une station balnéaire. Une belle époque, celle des années 50 et 60, où l’avion était encore (un peu) à hélice et le train (un peu) à vapeur.
Lorsque je parcours une brocante, je suis toujours sensible à ces affiches de promotion de « la Société des Bains de mer de Deauville » ou de la destination « Afrique Orientale par Air France ». Des illustrations magnifiques, on rêve encore de ces voyages où le temps n’a pas d’importance, flânant entre deux étapes.
Rue 178, à Phnom Penh, voici une affiche dans le même style. Un brin colonial, une idéalisation du Cambodge via Apsara et Angkor. Mixée avec des bons au porteur, des certificats et des cartes d’époque, cela donne une ambiance rétro très agréable.

Poésie, couleurs et charme, c’est hier et aujourd’hui

Je m’approche de cette galerie qui vient d’ouvrir. Un cambodgien est nonchalamment installé Plus
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Les gardiens du temple


Hier soir, rencontre du guide cambodgien francophone dans un bar de Siem Reap tenu par un breton de Morlaix, en buvant un verre avec des toulousains et deux parisiens expatriés à Phnom Penh. Ca fait du monde !

Deuxième passage à Ankor ce matin, Autres temples, autres émotions impalpables ressentis magnétiques… Et rencontres amusantes.

Mon chauffeur de tuk tuk apprend l’anglais. Il me fait répéter les phrases pour mieux les mémoriser. Il prend des cours à la pagode, je visite sa classe. Petite classe, où des moines et des élèves sont en train d’étudier.

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Sur les marches d’un temple dont le nom m’échappe, un petit garçon me prend la main. « welcome to the temple, come here nice photo ». Il avait raison : beaux points de vue, à l’écart du circuit. Il vit à côté du temple. Me raconte l’histoire d’Angelina Jolie, venue une fois pour les repérages de Tomb Raider. Trop jeune pour l’avoir rencontrée. Mais la légende fait briller ses petits yeux noirs. Et je me disais qu’au détour d’un couloir, elle sera peut être là !

Sur le (long) chemin d’un temple, une petite vendeuse de souvenirs vient vers moi. « cooool drink siiir ? Fresh coca, do you want beeeer siiir ? » No, thanks, avec le sourire que je commençais à perdre un tout petit peu parce que c’était la dixième à me proposer la même chose. Je finis pas céder : tout se négocie, le Coca est passé de 2$ à 50 cents. Je suis reparti avec deux karmas et plusieurs éclats de rire. 4$.

Une petite fille vend des cartes postales. Bonjour en français (comment a-elle-deviné ?). Je ne veux pas de ses cartes, « non » souriant, puis elle se met à compter. Jusque 10. En français, puis en anglais, en espagnol, en khmer. Je lui demande où elle a appris. Elle me regarde, un sourire et puis s’en va.

Un policier m’aborde : je pense qu’il va me demander de l’argent pour entrer dans le temple. Air sérieux, puis on se détend. Il me montre sa carte et son badge, estampillé « police nationale du Cambodge » en français. « sir, do you want my badge ? » je ne comprends pas. Il me vend son badge. 10$. Je ne veux pas. Je regarde sa casquette : je suis toujours impressionné par les casquettes des policiers à l’étranger : souvent énormes avec un gros écusson doré. Il me la montre. « do you want it ? ». Il ne faut pas exagérer mais que faire devant un policier qui me barre le chemin ? Sourire. « Non, merci, c’est vraiment très gentil ». « ok sir, have a good visit ». Ok.

Deux touristes australiennes (à l’accent) se contorsionnent pour se prendre en photo devant Apsara. La pose est subtile, élégante, les fesses ressortent, le string aussi. Pour éviter un blocage des lombaires, je leur propose de les prendre toutes les deux. Je fais 4 photos. Elles sont contentes. L’une des deux m’embrasse sur la joue, « So wonderful, please come with us » recontorsion, fesses et string, je prends la pose. Puis je m’en vais avant la crise d’hystérie.

Les temples sont vraiment bien gardés !

Les femmes d’Angkor sont bouleversantes.


Ce matin, rencontre de deux hôteliers : échange sur la façon de monter une affaire ici, le management, les relations patron/employé… Très enrichissant.

Hier, j’ai passé la journée à Angkor. Mon vocabulaire n’est pas assez riche pour exprimer combien ce lieu exerce une magie envoûtante ; tant de choses sont été décrites, expliquées, consignée partout que je m’aventurerais pas à mettre des mots supplementaires sur ce que je viens de vivre. Angkor ne se visite pas. Il se vit. Il se ressent. Rien de comparable dans aucun des voyages que j’ai eu la chance de faire. Absolument rien. La dimension, la finesse, la pierre, la végétation s’entremêlent pour créer une harmonie sans pareille. On oublie tout à Angkor : le temps, la température, la distance, la jungle environnante, les structures des bâtiments, tellement on se perd dans l’absence de références. Même les touristes bariolés.

Et c’est là aussi que j’ai rencontré une femme qui change la façon de regarder les femmes.

Je n’avais pas d’idée préconçue sur Angkor. C’était pour moi un monument, un autre, capable d’attirer deux millions de visiteurs par an. Il a suffit de quelques minutes pour plonger dedans. Dans « l’humain » d’Angkor. Les femmes. Apsara.

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Elles vous accueillent à chaque entrée de temple, de sanctuaire, à chaque niveau de chaque structure massive et écrasante. Leur visage si doux, si chaud et si paisible vous transporte dans une autre époque indéfinissable mais familière. Il est certains que les petites femmes qui vendent de l’eau dans les baraques à la sortie sont leurs descendantes. Elles ont dans le regard cette pétillance d’Apsara. 1000 ans après.

La journée avançant, des questions sans réponses arrivaient de plus en plus nombreuses. Les touristes observateurs remarquent les linteaux et de jolies sculptures, de belles décorations fleuries et de jolies danseuses. Les guides vous diront tous que les femmes ont été gravées dans la pierre pour servir le Roi dans sa prochaine vie. On dirait qu’elles dansent en faisant un spectacle pour lui. Ne prenez pas de guide. Ressentez. Ne cherchez pas à expliquer.

Je suis rentré épuisé de cette rencontre. Je gardais en mémoire les Apsaras du Roi. Proches et distantes. Il voulait semble-t-il que ses temples soient dominés par les femmes. Si le monde est féminin alors il avait -déjà- raison. Il y a plus de représentations de femmes que de bouddha ou de Vishnu. La femme immortelle et gracieuse.

Je me doute au fond de moi que ces femmes sont beaucoup plus que des décorations. Ce sont des portraits. Dans la galerie de la Terrasse des Éléphants, aucune ne ressemble à l’autre. À Bayon, elle est partout dans une danse différente. À Ta Nei, dans ces ruines, elle danse… À chaque fois un corps et une harmonie différente. Tantôt rieuses, tantôt concentrées, parfois tristes, vivantes.

Qui étaient-elles ? D’où venaient-elles ? Quel pouvoir avaient-elles ? Pourquoi avaient-elles autant d’importance ? Pourquoi ces temples ont-ils été construits ? C’est tout Angkor qui est là : ce lieu vous pose des questions sans réponses et vous questionne au fond de vous même. Acceptez ces questions, accueillez-les.

En France nous cherchons toujours à ramener nos rencontres à des explications. Il nous faut comprendre, analyser, réfléchir et trouver une vérité objective. Visitez Notre Dame de Paris et vous expliquera comment cette merveille à été construite. Le Mont St Michel et on vous décrira précisément les problèmes de l’ensablement de la baie. À Angkor, vous n’aurez aucune explication parce qu’Angkor n’a rien à voir avec la raison. Les femmes d’Angkor vous chuchotent au creux de l’oreille des choses que vous ne pouvez pas comprendre. Elles vous emmènent malgré vous dans leur univers fertile et mystérieux de pierre grise. Vous vous laissez faire. Et tout vous revient. Vos émotions d’enfance, vos espoirs, vos rêves prennent vie dans le brouhaha des oiseaux de la jungle.

Apsara femme intemporelle et si actuelle vous bouleverse.

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