Voyage solidaire, vraiment ?


La grande tendance, c’est faire solidaire. On en trouve partout : sur les paquets de café comme dans les articles de journaux. Tout le monde en parle, cela frise l’indigestion.

La solidarité, c’est aussi distinguer le naturel du trucage. Ici, c’est nature.

Au palmarès des pays où le mot solidaire est prononcé, le Cambodge doit se tailler la part du lion. Personne ne sait vraiment combien d’ONG sont présentes sur place, les estimations oscillent entre 2500 et 4000. Une solidarité Nord Sud fondamentalement utile, encouragée mais Plus

Expatriés, choisissez bien votre destination


17h au sommet de la colline de Udong, au sud de Phnom Penh. La lumière embrasse toute la plaine. Ouvrir un livre sur le bouddhisme ou sur le Tao est toujours une merveilleuse expérience, particulièrement dans ce contexte. Ces écrits se nourrissent du plus profond de l’homme ; les idées sont simples, essentielles et paraissent si évidentes !

La magie de Udong

Récemment, j’ai remarqué un texte qui parle particulièrement à celui – dont je suis – qui cherche un lieu « inspirant » et chargé de sens pour poser ses valises.

Ce texte n’est pas spécifique au Cambodge mais s’adresse à tous ceux qui veulent s’installer quelque part. Il développe l’idée de la culture du lieu et de l’énergie. En voici un extrait qui j’espère inspirera mes lecteurs expatriés ou en voie de l’être :

De par le monde, les lieux où des personnes ont eu une pratique spirituelle ont une signification. Dans les déserts du Moyen Orient, les Saints avaient des visions. Dans les Tropiques, les sorciers faisaient usage de la transe. Dans les forêts d’Europe et d’Asie, les alchimistes perfectionnaient leur art. Dans les Himalayas, les sages se retiraient pour se livrer à leurs ascèses. Bien sûr, ces lieux n’étaient pas les seuls où s’exerçaient de telles pratiques, mais le fait que certaines activités soient liées à un lieu est plus qu’une coïncidence.

Si vous allez dans un de ces lieux, vous pourrez encore ressentir la vibration qui a inspiré des générations.

Cela est si manifeste que vous devriez être sensible à l’endroit où vous vous installez dans le monde. Choisir un site spirituel requiert de la subtilité. Si vous ne connaissez pas la science de la géomancie, il est préférable de vous installer dans un lieu propice à ce que vous voulez réaliser. Ensuite, affinez votre choix par ce que vous voyez et sentez. Si vous ressentez un grand bien être, si les plantes et les animaux y sont vigoureux, et si celui-ci n’est pas soumis à un climat extrême qui pourrait affecter sérieusement votre santé, alors cet emplacement est pour vous. En vous installant là, vous serez protégé et nourri.

Aucun lieu ne dure jamais. Si vous vous rendez compte que le flot d’énergie est parti ailleurs ou que d’autres commencent à détruire la région, alors cherchez un nouveau lieu de vitalité.

C’est la raison pour laquelle les adeptes du Tao ont rarement des demeures fixes. Ils vont de site en site pour demeurer constamment dans le courant du Tao. 

7 femmes exceptionnelles


Pas d’anecdote aujourd’hui, mais un hommage appuyé à 7 femmes clairvoyantes qui m’ont appris en quelques heures à faire une synthèse de ces longues semaines…

Qui sont-elles ?

  • 17 ans qu’elle a quitté la France, « sans regret » et vit au Cambodge, d’abord en tant que Volontaire dans une ong et plus récemment dans un cabinet de recrutement et de conseil. Pour cette femme d’origine maghrébine, aucune raison de rentrer : elle veut changer la façon dont les entreprises managent leur personnel.
  • « je parle couramment le français et l’anglais : c’est le bénéfice de la guerre dans mon pays ». Cette cambodgienne est consultante, très cultivée et humble, a travaillé longtemps pour une ong américaine qu’elle a transformée en société privée.
  • Elle vit à Phnom Penh depuis 15 ans avec son mari, tous deux français. Elle a créé il y a 10 ans un restaurant puis une boulangerie pâtisserie française puis des salles de réunion et de séminaires et un service traiteur dans le quartier des « barangs ». Plus de 100 salariés. Une femme épanouie « bien que ce ne soit pas simple tous les jours ».
  • Elle a 49 ans. Elle a quitté son pays en 1970 juste avant que Phnom Penh ne soit vidée par les khmers rouges. Elle est allée faire ses études en France puis a eu la chance de partir deux ans dans une université américaine. Elle est revenue il y a 10 ans pour travailler avec sa mère et diriger un hôtel restaurant en plein centre de Phnom Penh. « je veux aider les jeunes, ils le méritent ».
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    La simplicité d’un sourire est toujours au rendez-vous

  • 26 ans et une volonté de fer pour cette Volontaire française qui chaque jour défend la cause de l’éducation et de l’écrit comme vecteur de culture et qu’elle va chercher des financements à la petite cuillère.
  • Cette princesse royale vit modestement dans un quartier populaire et s’investit a 100% dans le développement de son pays, dans son travail pour une banque de micro-crédits et dans le centre culturel qu’elle a créé pour les enfants sur la côte est du Cambodge. Simplicité étonnante et grande Sérénité pour cette cousine germaine du roi.
  • Et encore cette jeune cambodgienne de 24 ans qui défend les valeurs de l’engagement dans son association destinée aux Volontaires français qui veulent apporter leur contribution au développement du Cambodge…
  • 7 femmes courageuses, ambitieuses et talentueuses. Simples et humbles. Déterminées et lucides. Des trajectoires différentes qui arrivent à des conclusions similaires. Qu’il est précieux de pouvoir rencontrer des personnes aussi intéressantes ! Qu’il est difficile de faire la synthèse de la richesse de leur pensée !

Mais que m’ont-elles appris ? Vous le saurez demain !

Attention en traversant


A Battambang :

Alors que je cherche désespérément un tuk tuk qui comprenne ma destination, la pluie se met à tomber, quelques seaux d’eau ajoutés à la circulation chaotique de Battambang…

Je marche donc sous la pluie lorsque j’entends un « boum ! », pas de tôles mais plutôt un choc dur accompagné d’un petit cri de chat.

Soudain, trois petites filles qui sortent en courant et hurlant d’un magasin. Bravant la circulation très agitée elles traversent la rue et stoppent leur course en plein milieu. Le temps de tourner la tête et je comprends la situation.

Une femme en pyjama rose « Angry Birds » (hyper tendance au Cambodge) est accroupie par terre se tenant la jambe et tente de se faire entendre. Un attroupement se forme sur les trottoirs et on commente la scène. À côté de la femme blessée se trouve la cause de son malheur : une moto. Rapidement, le conducteur remonte sur son cheval hurlant, démarre et s’en va.

La femme aidée des enfants arrive à regagner le trottoir. Dispersion.

J’ai eu du mal à me remettre en route.

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À Siem Reap :

Je dîne tranquillement chez Sokhtea, une cantine khmère loin de l’agitation touristique. Au menu : soupe de nouilles au poulet et une assiette de « morning glory » à la sauce d’huître (les morning glory sont de grandes tiges qui poussent dans les étangs, ressemblant à des tiges d’arum – excellent au wok !).

Je remarque une petite fille en pyjama jaune à fleurs, 3 ou 4 ans, regarder avec envie le comptoir derrière lequel ses parents font la cuisine. Puis elle se lance.

Telle Indiana Jones, la voici qui escalade avec difficulté l’édifice instable, un bon mètre 60. Elle me regarde genre  » tu ne me crois pas capable de le faire hein ? ». Et bien si, elle y arrive très bien et se tient maintenant debout sur le comptoir. Je crains le pire et attends une réaction des parents. Rien ne se passe.

Indiana Jones décide de gagner de l’altitude. Elle escalade maintenant une vitrine servant à ranger les ingrédients de la cuisine. Même regard, même témérité. Je me tiens prêt a toute éventualité. Ce qui devait arriver arriva avant même que je n’y pense : la vitrine casse sous le poids de la petite fille, bascule et se fracasse au sol, accompagnée d’un bruit sourd, la tête percute le trottoir au milieu des clients.

Quelques cris viennent de derrière le comptoir, on s’agite mais on n’arrète pas le wok. Un attroupement se forme aussitôt. On commente la scène. Ce sont deux touristes qui se ruent sur la petite fille fille, cherchent un regard d’adulte, rien, des cris et des commentaires. Ils emmènent la petite en tuk tuk à l’hôpital.

Les parents ont sorti du scotch pour remettre la vitrine en état.

Je n’ai pas bien digéré les morning glory.

Ici, il faut prendre soin de soi. Ne jamais commettre d’imprudence ni braver la circulation. Un accident est toujours un problème.

Ouuuuuh, very expensive, sir !


Ici au Cambodge, tout ou presque se négocie, à peu près partout. Je peux donc mettre mes talents de négociateur en pratique… Et je ne suis pas sûr d’avoir encore bien compris finalement.

Ce matin, un tuk tuk est venu me chercher à 8h à peu près (pour 7h30). Je voulais aller voir des villages flottants sur le lac Tonlé Sap. Il faut environ une demie journée pour faire l’aller retour, deux villages à voir, environ 100 kilomètres en tout. Prix du marché : 12-15$.

Il en demande 30. Je fais « ouuuuuh très cher » (j’ai apppris à faire ouuuuuh avec eux, c’est très expressif). « Oui, mais c’est que je suis fatigué, et la route est longue ». On ne me l’avais jamais fait le coup de la fatigue pour demander cher ! « Je comprends, mais le prix pour ce trajet c’est plutôt 10$ ». Il n’a pas entendu je crois.

Je le regarde, lui demande ce qu’il en pense… « Ouuuuh, 10$, non, pas possible, je n’ai pas d’argent, moi, pas beaucoup d’argent, 30$ c’est bon prix ! ». Je ressors du tuk tuk, je prends mon sac et je lui dit que je veux bien 15$ mais pas plus. « Non, en ce moment, saison basse, pas de clients, donc le prix est cher, c’est normal ». Ça non plus on ne me l’avait jamais fait le coup du peu de clients. Une concurrence à l’envers, peu de clients donc les prix augmentent. On se croirait chez Auchan.

J’attends un peu qu’il me donne l’argument qui tue : « gasoline expensive, sir, very expensive ». Ça y est, il l’a dit. Donc réponse qui tue, je veux bien 15$ plus 5$ pour l’essence. On est d’accord, on est parti.

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Ouuuh, gasoline very expensive !

Le premier village : en bord de lac, peu d’eau, les maisons sont donc… Quasi sur le sable et les autres sur pilotis! L’endroit est splendide! Trois jeunes arrivent, dont un portant une casquette genre révolutionnaire cubain. Je range mon appareil photo, je ne les sens pas ceux-là. J’ai compris après qu’ils font les durs pour montrer que ce sont eux qui décident du prix pour les touristes. Il parlent au chauffeur.

Je découvre qu’ils « représentent une base éco-touristique et qu’ils ont un bateau et qu’ils aimeraient bien que j’aille faire un tour en bateau ». Le coup éco-touristique est une découverte, le décor n’étant pas du tout éco et pas franchement touristique. Mais le prix lui est très touristique : 40$ pour une balade. Non. « Ok 30$ ? ». Non. J’ai décidé de faire ma mauvaise tête. Je leur dit que je vais marcher, c’est aussi bien. « Ok, comme vous voulez ! ». Je viens de vivre la négociation la plus intense de ma vie.

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Le second village : un barrière quelques kilomètres avant, un jeune qui garde la barrière. Le tuk tuk s’arrête. Le jeune hurle « hello ! 40$ pour aller, et on a qu’un bateau pour visiter ». Payer pour entrer dans un village, je ne comprends pas. Il me tend un ticket, attand que je paye. Je tente 10$ mais bon, échec total. « Pas de clients, monsieur, donc 35$ ». Demi tour et retour à Siem Reap.

J’ai fait des progrès en négociation aujourd’hui.

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