Phnom Penh : où sont les femmes ?


Soirée très exotique et dépaysante chez Jean-Marc sur Riverside.

D’abord parce que Jean Marc est un cambodgien qui vient de Marseille. Ca commence assez fort à la commande d’une Angkor Beer. Il fait chaud ce soir, et seule une Angkor va me rafraîchir.

« Tiens, bonsoir, tu viens de France ? » me lance Jean-Marc, que je n’avais jamais vu de ma vie. Je regarde l’individu, je pensais qu’il était assis mais non, il était debout à côté de moi. « Oui, bonsoir, je suis arrivé il y a longtemps déjà »… et bien sûr, impayable le Jean-Marc, il me lance un « Peuchère, un Français ! ça fait plaisir » et poursuivant avec un accent  du sud à peine forcé « Boudu con, moi je suis de Marseille ! ».

A Phnom Penh, il y a aussi des femmes normales et respectables. Pas que des « opportunités » à « pécho ».

Très gentil Jean-Marc, mais tu as plutôt le look d’un cambodgien : tu es petit, tu as les yeux bridés et le sourire jusque là. Plus

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Expatriés, choisissez bien votre destination


17h au sommet de la colline de Udong, au sud de Phnom Penh. La lumière embrasse toute la plaine. Ouvrir un livre sur le bouddhisme ou sur le Tao est toujours une merveilleuse expérience, particulièrement dans ce contexte. Ces écrits se nourrissent du plus profond de l’homme ; les idées sont simples, essentielles et paraissent si évidentes !

La magie de Udong

Récemment, j’ai remarqué un texte qui parle particulièrement à celui – dont je suis – qui cherche un lieu « inspirant » et chargé de sens pour poser ses valises.

Ce texte n’est pas spécifique au Cambodge mais s’adresse à tous ceux qui veulent s’installer quelque part. Il développe l’idée de la culture du lieu et de l’énergie. En voici un extrait qui j’espère inspirera mes lecteurs expatriés ou en voie de l’être :

De par le monde, les lieux où des personnes ont eu une pratique spirituelle ont une signification. Dans les déserts du Moyen Orient, les Saints avaient des visions. Dans les Tropiques, les sorciers faisaient usage de la transe. Dans les forêts d’Europe et d’Asie, les alchimistes perfectionnaient leur art. Dans les Himalayas, les sages se retiraient pour se livrer à leurs ascèses. Bien sûr, ces lieux n’étaient pas les seuls où s’exerçaient de telles pratiques, mais le fait que certaines activités soient liées à un lieu est plus qu’une coïncidence.

Si vous allez dans un de ces lieux, vous pourrez encore ressentir la vibration qui a inspiré des générations.

Cela est si manifeste que vous devriez être sensible à l’endroit où vous vous installez dans le monde. Choisir un site spirituel requiert de la subtilité. Si vous ne connaissez pas la science de la géomancie, il est préférable de vous installer dans un lieu propice à ce que vous voulez réaliser. Ensuite, affinez votre choix par ce que vous voyez et sentez. Si vous ressentez un grand bien être, si les plantes et les animaux y sont vigoureux, et si celui-ci n’est pas soumis à un climat extrême qui pourrait affecter sérieusement votre santé, alors cet emplacement est pour vous. En vous installant là, vous serez protégé et nourri.

Aucun lieu ne dure jamais. Si vous vous rendez compte que le flot d’énergie est parti ailleurs ou que d’autres commencent à détruire la région, alors cherchez un nouveau lieu de vitalité.

C’est la raison pour laquelle les adeptes du Tao ont rarement des demeures fixes. Ils vont de site en site pour demeurer constamment dans le courant du Tao. 

Mobilisation !


Il se passe quelque chose que quiconque est présent an Cambodge ne peut pas manquer : dans deux semaines, on élit les chefs de communes.

Ici, les chefs de commune ont pour responsabilité de relayer les décisions du gouvernement d,animer les chefs de village, de trancher les litiges et de prendre toute décision qu’il juge utile pour le bon fonctionnement de la zone dont il a la charge.

Alors c’est la grande mobilisation qui prend un air de Tour de France associé au Carnaval.

15 jours de campagne, ce sont 15 jours de démonstration de force du parti au pouvoir, le Parti du Peuple.

Cela a commencé le week end dernier, avec des convois de plusieurs milliers de militants, tous habillés de blanc avec polo officiel, en camion, sur les grandes routes du pays. Les caravanes du Tour. Au bord de ces routes, des enfants, des vieillards et tous ceux qui pouvaient le faire agitaient frénétiquement des drapeaux à l’emblême du parti.

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Puis cela se poursuit localement avec les mêmes sympathisants sillonnant toutes les petites routes de campagne et scotchant à tour de bras les affiches du Parti sur les cocotiers, les palmiers, les frangipaniers, les murs, jusque dans les maisons. A sillonner ces routes, ce que j’ai fait ce matin, tout le monde est pour le Parti ! Et l’opposition peine a se faire voir et entendre.

Tous les deux jours, le quartier de l’avenue Sihanouk est réveillé en sursaut vers 6h30 par les camions sur lesquels se troivent un orchestre, des chanteurs et des « speakers ». Suivent les tuk tuk bardés de hauts parleurs et de drapeau, le défilé de sympathisants et des camionnettes qui vont avec.

Certaines maisons ont la fonction de relais d’information. Alors, on dresse banderoles et haut-parleurs (les mêmes que pour les mariages, en haut d’un mât) et on diffuse la musique du Parti à fond la caisse, plus quelques messages militants. Comme ça tout le monde est au courant de tout ce que le Parti fait de bien pour le peuple et donc, savent pour qui voter. S’ils hésitent encore, un gentil sympathisant viendra expliquer de quoi il en retourne.

Dans les medias, c’est un plan de communication redoutable, alliant méthode coué et propagande. Cela a commencé il y a trois semaines environ par la publication d’une enquête « officielle » disant que la majorité des Cambodgiens aiment leurs dirigeants, et que ladite majorité pense qu’ils ne sont pas corrompus. Ca commence bien.

Ensuite, c’est à la télévision que le Premier Ministre a expliqué dans un discours fleuve de 5 heures qu’il était le « master », le Maître, et que seul lui pouvait diriger le pays. On s’en serait douté, mais ça permet de resserrer les rangs de son camp qui commence à donner des signes de faiblesse.

Puis est venue l’heure de redevenir sympathique (pour 15 jours) en déclarant à tous les médias que l’intervention du Premier Ministre lors de la tragédie Khmer Rouge avait été limitée a deux ans, parce qu’il avait « senti que ça n’était pas correct et qu’il fallait sauver le pays ». Les écrits sur le sujets sont assez divergents, mais tout de même, si le procès Khmers Rouges prend tant de retard, c’est bien parce qu’il y a anguille sous roche…

Puis dans le même registre, Dimanche dernier se déroulait la Journée Nationale de la Colère. Elle est célébré sur le site tristement célèbre de Choeung Ek, le charnier Khmer Rouges à côté de Phnom Penh. Au programme : ne pas oublier. Reconstitutions de massacres, témoignages poignants de rescapés (très peu) et en période électorale, message du Gouverneur de Phnom Penh qui annonce fièrement que le Parti a sauvé le Cambodge et ses habitants et combattu de toutes ses forces le régime Khmer Rouge. Et d’annoncer que c’était donc le seul Parti à pouvoir légitimement pousuivre la reconstruction du pays. Dur, dur pour les familles d’entendre ce genre de choses…

Je vous laisse apprécier la chance que la France a de posséder des institutions et des processus électoraux cadrés et stables. Certes, les candidats ne sont pas à la hauteur et jouent souvent en deuxième voire troisième division. Mais les élections sont claires, contrôlées, tout n’est pas permis et il y a équité entre les candidats.

Salabaï, initiative exemplaire


Avez-vous déjà séjourné dans une école ?

C’est l’opportunité qu’offre Salabaï à Siem Reap. Ce n’est pas la seule à faire cela au Cambodge, mais bon, j’y suis alors je vous en parle. Je commence par dire que si vous voulez soutenir cette initiative, ça a du sens, allez sur leur site internet : http://www.salabai.com/html/

Pour planter le décor, cette école est ce que l’on appelle ici un hôtel-restaurant d’application. Vous trouverez à Phnom Penh l’association Friends International ou encore Hagar qui sont basées sur le même principe.

L’idée est de recruter des jeunes en extrême pauvreté dans les villages et de leur offrir une année de formation complète aux métiers de l’hôtellerie et de la restauration, et de leur donner en même temps un bagage de culture de base et des bases solides d’anglais. 110 jeunes sont formés ici chaque année.L’action de Salabaï s’inscrit dans le programme plus large d’Agir pour le Cambodge

J’en avais entendu parler, je voulais voir, je trouve que c’est une expérience formidable et déroutante.

C’est avec enthousiasme que les étudiants, tous habillés d’un pantalon ou jupe bleus et d’un polo orange, vous accueillent. Un chaleureux « hellloooo sir, welcome To Salabaï » arrive des 4 ou 5 etudiants à la réception. Impeccable, souriant, agréable, serviable… J’avais presque honte de laisser mon énorme valise de 25 kilos à un jeune qui n’en pèse pas plus de 40. Ma valise était dans ma chambre avant moi

Une jeune de 17-18 ans m’a expliqué en deux mots ce qu’était son école avec une fierté incroyable. Il était 19h, il faisait nuit, il tombait des seaux d’eau, j’étais fatigué de mon voyage en bus de plus de 7h, mais sa joie à effacé toute trace d’épuisement. Momentanément

Chambre très agréable, grand balcon, vue sur la ville. Moustiquaire et air conditionné. Rue pas trop touristique, un peu a lecart de l’agitation nocturne de Siem Reap. Que demander de plus ?

Ce matin, petit déjeuner sur la terrasse au rez de chaussée, donnant sur la rue. Je remarque le panneau d’affichage : nous sommes bien dans une école ! Programme des cours, emploi du temps, photos des élèves, notes… Au coin du couloir, réception : les étudiants me saluent, me sourient et me gratifient d’un bonjour inoubliable. La journée commence avec cette émotion qui me ferait presque oublier de visiter Angkor.

Petit déjeuner copieux, salade de fruits frais, délicieux en regardant le spectacle de la rue.
Service absolument impeccable : on trouve cela rarement au Cambodge, d’autant que les jeunes ne sont à l’école que depuis quelques mois. Il y a une forme de respect mutuel qui s’installe spontanément. Et ils parlent anglais

Rencontre des fondateurs, M. et Mme Dethomas, un couple de français, échange d’une rare richesse…

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Rassemblement à 8h piles pour le briefing du jour.

8h : team meeting. Tous les élèves se placent en rang sur le trottoir. Rituel : on se compte, puis deux viennent réciter leur leçon. Ensuite, lever de drapeau et chanson pour remercier le Roi de tout ce qu’il fait pour eux. Cela fait partie du rituel, parce que le Roi ne fait absolument rien pour les jeunes. Ç’est un ancrage symbolique et discipliné.

Je poursuis mon petit déjeuner et je vois s’installer près de moi une dizaine d’élèves apportant un tableau blanc : ç’est l’heure du cours de « housekeeping » (entretien des chambres, des parties communes, blanchisserie…). J’ai observé une partie du cours, en anglais. Je me suis senti tout petit.

Après une ballade dans Siem Reap, retour à Salabaï, ma chambre était en train d’être faite, au regard des dix paires de tongs dans le couloir. Sourire de tout ce petit monde affairé à s’occuper de ma chambre très sérieusement.

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Le chef du « housekeeping » est dans le couloir, il surveille que tout est fait comme il faut. Je discute avec lui : il veut progresser, il a travaillé dans un autre hôtel avant à Phnom Penh, et pense que c’est bien d’avoir plusieurs expériences professionnelles pour grimper. C’est incroyable d’entendre ça ici, dans ce pays où les gens ne restent pas dans leur travail, n’en trouvent pas ou simplement n’en cherchent pas.

Prix de la chambre : 20$.

Je vais maintenant aller tester le déjeuner et voir ça que les chefs en herbe concoctent, mais déjà, je peux vous dire que ça sent très bon !

Construire sans abandonner


« Ma très chère France… » ça commence comme une lettre d’Eva Joly, musique classique et plume sur papier Vélin d’Arches

Mais non, ce n’est pas elle, candidate errante mais moi, candidat au réaliste à la vie.
Ce n’est le même projet, bien sûr. Si Eva est une erreur de casting perdue, je suis un rêveur réaliste portant un nouveau regard sur la vie. Hors de cette « très chère France », chère dans tous les sens du terme.

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Alors direction Phnom Penh pour un second séjour fécond. Quoiqu’il arrive, on revient riche de toute expérience et de toute rencontre à condition de ne pas mentir à soi même. Le voyage guérit de tout, car il agit directement dans la tête

Abandon, quel abandon ?

Le premier séjour avait tout d’une découverte et rien d’un abandon. À aucun moment je n’ai imaginé me poser définitivement avec le peu que j’avais emmené. Pour ce voyage ci non plus, n’en déplaise aux esprits mal intentionnés qui interprètent (et utilisent) ma démarche comme une fuite ou un abandon. Je n’ai rien à abandonner ni même rien à fuir. Pour ceux-ci qui pensent que « tout larguer » est la concrétisation de l’irresponsabilité et de la fuite, ils en sont pour leurs frais, sans doute projettent-ils leur propre abandon et leur propre fuite.

Ce blog est votre tribune.

Ce blog ne cessera à aucun moment d’être une tribune libre dédiée à ceux qui choisissent le difficile chemin de l’expatriation. Au plus je découvre, au plus je partage. Au plus je réalise, au plus transmets.
En effet, je me rends compte que ce chemin est long, profondément impliquant, qu’il montre combien le sens des responsabilités est difficile à exercer et que la seule régle est la lucidité.

Le sens d’un projet de vie. 

Ce chemin est pavé d’une contrainte très difficile à assumer ; pourtant sans l’assumer on n’avance pas – en l’assumant on avance dans la douleur. En ne faisant rien on n’assume rien et on reste scotché à ces certitudes. Alors oui, il faut accepter de laisser momentanément des êtres chers de côté, de se comporter différemment avec eux en passant par l’éloignement, un certaine forme de renoncement, de revisiter la relation que l’on peut avoir avec eux et de faire vivre votre propre transformation.

C’est la réalité de tout projet de vie : j’apprends aujourdhui qu’il passe par une profonde remise en question de soi : passer de ce que l’on représente à ce que l’on est

Partager, le plus important

Partager est essentiel : c’est un « risque » à la hauteur du courage d’entreprendre ce projet. C’est un choix difficile à faire et des actions difficiles à mener. Que penser lorsque vous quittez votre maison, la compagne que vous aimez, les enfants que vous chérissez, pour avancer seul dans l’inconnu ?

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