Le Lok Lak, Kodak de la cuisine cambodgienne.


On m’a fait remarquer il y a peu de temps que je parlais peu de ce qu’on mange au Cambodge. Si vous suivez ce blog, vous avez quand même une idée des plats typiques servis lors d’un mariage, des choses improbables que l’on trouve sur les marchés et des prononciations imprononçables des plats sur la carte du restaurant.

« – Bon, tu te décides, tu choisis quoi ?
– Attends, on est pas chez Flunch ici !
– Grouille, j’ai faim, moi je prends le truc vert dans la bassine du fond
– Euhhh, un Lok Lak please
– J’t’avais bien dit que dans le Routard, c’était pas marqué »

Pour l’expatrié, on s’habitue assez vite aux goûts et saveurs cambodgiens, aux choses étranges qui flottent au ras du bouillon et aux petites bêtes frites vendues dans les bus comme friandises (délicieuses). De toute façon, on peut toujours faire le fier en Plus

Traverser la rue, c’est très formateur


38 degrés, à l’ombre. La transpiration me noie dans une brume épaisse et torride. Il est 16h30. Je regarde à gauche et à droite, comme on m’a appris lorsque j’étais petit. Je vois des policiers scrutant la circulation chaotique. Les feux rouges sont hs. L’un d’eux se met au centre du carrefour et siffle de tout son souffle. Ca se complique.

Faire la circulation à Phnom Penh est inutile : la circulation se fait toute seule, étonnamment fluide et dense. Dense surtout à ce moment de la journée où les riches et puissants sortent leur 4X4, où les étudiants prennent leurs motos et les tuk tuk ramènent leur cargaison, cartons,vélos, touristes, familles, bonzes et autres. Tout se mèle, tout s’emmêle.

Ouh la la !

C’est alors que je tente, sur un « zebra », de me frayer un chemin pour passer de l’autre côté de l’avenue Monivong, pas loin de la gare.

Traverser… oui, je dis bien traverser, c’est encore Plus

Expatriés, choisissez bien votre destination


17h au sommet de la colline de Udong, au sud de Phnom Penh. La lumière embrasse toute la plaine. Ouvrir un livre sur le bouddhisme ou sur le Tao est toujours une merveilleuse expérience, particulièrement dans ce contexte. Ces écrits se nourrissent du plus profond de l’homme ; les idées sont simples, essentielles et paraissent si évidentes !

La magie de Udong

Récemment, j’ai remarqué un texte qui parle particulièrement à celui – dont je suis – qui cherche un lieu « inspirant » et chargé de sens pour poser ses valises.

Ce texte n’est pas spécifique au Cambodge mais s’adresse à tous ceux qui veulent s’installer quelque part. Il développe l’idée de la culture du lieu et de l’énergie. En voici un extrait qui j’espère inspirera mes lecteurs expatriés ou en voie de l’être :

De par le monde, les lieux où des personnes ont eu une pratique spirituelle ont une signification. Dans les déserts du Moyen Orient, les Saints avaient des visions. Dans les Tropiques, les sorciers faisaient usage de la transe. Dans les forêts d’Europe et d’Asie, les alchimistes perfectionnaient leur art. Dans les Himalayas, les sages se retiraient pour se livrer à leurs ascèses. Bien sûr, ces lieux n’étaient pas les seuls où s’exerçaient de telles pratiques, mais le fait que certaines activités soient liées à un lieu est plus qu’une coïncidence.

Si vous allez dans un de ces lieux, vous pourrez encore ressentir la vibration qui a inspiré des générations.

Cela est si manifeste que vous devriez être sensible à l’endroit où vous vous installez dans le monde. Choisir un site spirituel requiert de la subtilité. Si vous ne connaissez pas la science de la géomancie, il est préférable de vous installer dans un lieu propice à ce que vous voulez réaliser. Ensuite, affinez votre choix par ce que vous voyez et sentez. Si vous ressentez un grand bien être, si les plantes et les animaux y sont vigoureux, et si celui-ci n’est pas soumis à un climat extrême qui pourrait affecter sérieusement votre santé, alors cet emplacement est pour vous. En vous installant là, vous serez protégé et nourri.

Aucun lieu ne dure jamais. Si vous vous rendez compte que le flot d’énergie est parti ailleurs ou que d’autres commencent à détruire la région, alors cherchez un nouveau lieu de vitalité.

C’est la raison pour laquelle les adeptes du Tao ont rarement des demeures fixes. Ils vont de site en site pour demeurer constamment dans le courant du Tao. 

J’ai tout mon temps.


Wat Phnom, approximativement entre 1 heure et 3 heures de l’après midi. Le ballet incessant des chinois devant le petit temple en contrebas venus libérer un oiseau pour les anciens puis apporter une fleur de lotus blanche à Bouddha sont bien là, actifs comme toujours. Les bâtons d’encens sont serrés entre les mains, tenus droits devant le visage à mi-hauteur, signe de respect pour une personne ou un être de rang supérieur. Le mouvement gracieux de leur tête, leur agenouillement si particulier dans le brouillard d’encens rendent ce moment magique.

Wat Phnom, brouillard en sérénit

2 heures ? 3 heures ? J’ai rendez-vous avec un homme d’affaires cambodgien et je suis là, à Wat Phnom, en haut de la colline de Phnom Penh à regarder des donations à Bouddha. Vite, je dois me dépêcher, je vais être en retard. Vite…

Il y a très peu de pendules à Phnom Penh et c’est tant mieux. Il n’y pas beaucoup de calendrier non plus. On suit celui de la lune, mais tentez de savoir auprès d’un cambodgien quel jour nous sommes… Le cycle de la lune a 28 jours, un mois de notre calendrier en a 30 ou 31, rien ne correspond et pourtant on vous expliquera dans les salons de massage sérieux que chaque jour correspond à un organe, et que celui-ci mérite un traitement particulier quand c’est son jour.

Les pendules sont inutiles à Phnom Penh : le soleil guide le visiteur. Lorsqu’il passe derrière Wat Phnom, la nuit est proche (pour nous environ 45 minutes). On le sait, c’est tous les jours toute l’année à peu près au même moment.

Je ne porte plus de montre depuis 5 ans. Je sais à peu près l’heure qu’il est à la lumière. Je sais qu’au Cambodge le jour dure environ 12 heures. Mais ici, maintenant à Wat Phnom, j’ai perdu mes repères.

Au retour en France, je suis déstabilisé : je quitte un rythme régulier pour re-comprendre qu’à cette latitude, le jour n’est jamais le même. Et au mois de juin, c’est plus de 16 ou 17 heures. Je ne comprends pas. Je dois me coucher alors qu’il fait jour. Je dois dîner alors qu’il fait jour. Et il y a une demie-heure de soleil en moins en un mois.

Et puis je dois me presser, aller toujours plus vite, ne pas « perdre » mon temps. Je suis en décalage.

Retour à Wat Phnom. Je serai certainement en retard à mon rendez-vous. Je stresse et je porte un regard sur les gens qui m’entourent. Ils ont tous des engagements et des choses à faire. Que font-ils là alors ? ils prennent leur temps à eux, respectent leurs rythmes personnels (intimes), dans une lenteur et une paix sorties d’un film au ralenti.

Mon homme d’affaires a attendu un peu. je me suis confondu en excuses et il m’a regardé : « ne vous excusez pas, vous aviez besoin de faire ce que vous avez fait avant de venir (il n’en avait aucune idée), je suis là et c’est le moment de nous rencontrer ». Grand sourire. Je commande un thé. Nous allons prendre le temps de discuter.

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