Une semaine déjà…


Une semaine vient de s’écouler à Phnom Penh.

Une arrivée chaleureuse (et très chaude), la trépidation de le vie locale, les découvertes gastronomiques (si l’on peut dire), les rencontres, les repos, tout cela c’est organisé très harmonieusement.

Quelques rendez vous intéressants ont jalonné cette semaine :

  • Une responsable d’ong qui s’occupe d’un orphelinat
  • Un patron dans le tourisme solidaire (très intéressant)
  • Mon copain cultivateur de salades qui a des projets dans le tourisme aussi, qui ma fait rencontrer une cambodgienne formidable (je vois vos mines interrogatives sur ce sujet… Oubliez vos a prioris, toutes les cambodgiennes ne cherchent pas à se caser ou à se prostituer). En l’occurrence, elle gère avec sa mère un restaurant et a des projets dans le tourisme rural. Je vous raconterai son histoire dans un autre article.

Lentement, lentement… Peut être pourrais-je acheter un tuk tuk ?

Tout cela avance lentement et pas à la cadence que jaimerais.

Je constate que les réponses aux mails que j’envoie pour proposer un échange son beaucoup moins rapides. Résultat très différent du début de l’année. Explication : le rythme des gens change pendant la saison chaude. On travaille plus lentement et beaucoup moins donc les patrons un peu plus (ça ne vous rappelle pas un truc du genre les 35 heures ?).

Pour moi, cela signifie moins de rendez vous, donc moins de possibilité d’avancer.

À chaque rencontre, une idée nouvelle apparaît. C’est normal, c’est le jeu des projets, où rien n’est stable avant d’avoir vraiment commencé concrètement.

Pour moi, cela signifie des réflexions supplémentaires, car l’avis des gens qui vivent ici est très important à prendre en compte.

La chaleur est lourde. Lorsque je suis arrivé à l’aéroport de Phnom Penh Pochentong dimanche dernier, il devait faire dans les 35 degrés. À 19h. Dans la journée la plus chaude de la semaine, je pense qu’on a atteint les 39/40. La nuit est plus agréable, il ne fait que 30/31.

Pour moi, c’est un double défi de ne pas laisser ma tête se liquéfier et de rester dans un rythme personnel où je me sens bien. Je n’ai trouvé de réponse ni à l’un ni à l’autre pour le moment.

Dans ce pays charmant, souriant, accueillant, je me sens seul à porter mon idée. Certes je partage lors des rencontres, mais cette solitude est assez difficile à supporter par moment. C’est un phénomène sans doute normal, je l’ai vu souvent chez des créateurs d’entreprise en France lorsque je faisais du conseil.

Pour moi c’est difficile, j’avoue que vendredi, j’ai un peu pété les plombs avec une quasi envie de repartir. Les deux personnes que j’ai rencontré dans cette journée m’ont redonné du peps. Et je me dis que je ne pourrais pas faire quelque chose ici tout seul. Je dois donc trouver un « ami » qui partage mon projet et qui a envie de se lancer avec moi. J’ai une piste. Ou l’inverse : quelqu’un qui a un projet similaire avec qui je peux avancer. J’ai une piste aussi.

L’autre conséquence de cette solitude est de me renfermer. Par moment j’ai envie de rester couché la clim à fond et d’alterner les périodes allongé et les douches entre un navet américain et un karaoke khmer à la télé. Ou encore de ne parler à personne, dehors, de ne pas vouloir communiquer à qui que ce soit. Inévitablement, cette spirale aboutit à être énervé, et tellement speed que je perds le contrôle et que j’envoie bouler tous ceux qui s’aventurent à me parler.

Le perte de contrôle, c’est la frontière à ne surtout pas dépasser ici : chez les cambodgiens, on est respecté pour sa maîtrise de soi. Elle traduit une sérénité intérieure et le respect de l’autre. Quand vous perdez le contrôle, il perd la face… Et vous perdez le respect d’un coup, sans retour. Donc à peu près tout.

Écrire tout cela, vous l’écrire, mes très chères lectrices et lecteurs, me fait un bien fou. Je sens que je vais passer une bonne journée.

C’est incroyable ce qu’on apprend sur soi dans une aventure comme celle-là ! Mais que c’est difficile de ne pas se décourager !

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On se calme


Ce séjour sannonce beaucoup plus calme que le précédent : plus chaud, des repères plus établis, moins de rendez vous (mais des importants) plus de balade et de repos entre les balades.

Je vous préviens tout de suite : il y a un moucheron qui tournicote autour de moi et des cambodgiens qui chantent juste à côté, il se peut qu’il y ait des fautes d’orthographe.
Passé le premier choc de l’arrivée (je crois que cela fait toujours un choc quand on arrive ici), les premiers jours ont été très tranquilles. Le temps de me mettre au climat et surtout au rythme, ce que je n’avais pas fait à mon premier voyage.
C’est en discutant avec une responsable d’ong que j’en ai repris conscience : on ne peut pas rester au rythme que l’on vit en France. C’est impossible.
Dans mon précédent article, j’évoquais la question des mesures. Ici, rien ne se mesure comme chez nous : tout est centré sur la sensation, le sentiment, l’intuition, le ressenti. Il y a quelque chose d’impalpable chez les cambodgiens. Ceci rend parfois (souvent?) incompréhensible leur attitude ou leur comportement vu qu’on ne ressent pas du tout les choses de la même manière.
Le rythme est lent voire très lent. Lorsque l’on demande quelque chose, ou que l’on a un problème à régler, on sait quand ça commence… Jamais on ne sait quand cela va aboutir.
Il est ainsi étonnant de voir des gens dormir sur leur étalage en plein marché, dans la cohue et le brouhaha, laissant leur marchandise telle quelle.

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Non, elle n’est pas morte, jusque un peu fatiguée. Combien le jean ?

De la même manière, j’ai repéré hier des ouvriers de l’électricité publique. Mis à part la situation très « exotique » de l’échelle reposant sur les câbles et de l’ouvrier marchant pieds nus sur les même câbles à 10 mètres de hauteur pour glisser un fil supplémentaire, il n’y avait que ce dernier qui semblait actif. En bas de l’échelle, deux autres regardent en l’air en riant et deux autres sont accroupis sur le trottoir et discutent.
Ce genre de situation faisait l’objet d’une blague en France au sujet des maghrébins dans les années soixante dix et des fonctionnaires encore aujourd’hui. Ce qui est injuste pour eux est une réalité ici : la lenteur fait partie de l’organisation de tout, y compris du travail.
Un consultant dirait poliment qu’il y a des « gisements de productivité importants » et qu’il faut « entraîner les managers et former les ouvriers à des indicateurs afin de les responsabiliser dans une vision client ». Mal barré le consultant. Il ferait mieux de se mettre au bouddhisme et d’observer que ce rythme lent et fluctuant n’intègre pas la productivité mais le bonheur.
Ça on n’est pas du tout habitué, mais je m’y mets tranquillement et sereinement. Et sans m’énerver, par ce que des fois il y a de quoi.
Devant mon impassibilité et ma concentration, le moucheron a abandonné le combat. Le bonheur, vous disais.

Comment retrouver son hôtel à Phnom Penh ?


Voilà le premier défi « Koh Lantesque » (merci TF1 pour cette appellation vraiment très jolie) qui attend le voyageur fraîchement atterri à Pochentong Airport. C’est pour aujourd’hui !

Phnom Penh est aussi attachante que déroutante, au sens propre du terme. Elle vous permettra de développer vos capacités d’observation, de patience, de sens de l’orientation et parfois de témérité. Mais par 38 degrés, vous vous devez d’être efficaces car le dessèchement vous guette à chaque coin de rue.

Rendez-vous rue 21.

Après une bonne demie heure de recherche sur le plan, aidé par plusieurs personnes à l’hôtel, vous allez enfin trouver la rue 21.

Toute personne arrivant à Phnom Penh se doit de faire l’exercice, avant même de défaire ses bagages. Il faut en effet quelques jours pour se repérer dans cette ville, qui ne parait pas comme çà si complexe, mais… Tiens, cela me donne l’idée de proposer une formation aux touristes – et aux tuk tuk !

C'était plus simple... en 1928 !

Lorsque l’on reste trois jours à PP, ce n’est pas bien grave : on trouve cela amusant. Lorsque vous venez pour un séjour plus long ou pour y vivre, il faut absolument vous y faire, et vite. Ce qui évite le syndrome du jet ski dont j’ai parlé dans cet article (cliquez ici).

Une organisation… désorganisée.

Donc, si vos pas vous mènent à Phnom Penh vous vous rendrez compte dès le premier jour que les rues portent des noms et des numéros, que ceux-ci sont organisés en théorie comme cela :

  • les rues numéros pairs sont perpendiculaires à la rivière Tonlé Sap, et numérotées du Nord au Sud. La rue n°2 est donc tout au nord.
  • les rues numéros impairs sont parallèles au Tonlé Sap, et numérotés à partir de la rivière, la rue n°1 est donc toute proche du fleuve.
  • Dans les rues, les numéros des maisons se suivent en commençant par le fleuve ou par le nord.

En théorie.

Dans la pratique, les rues ne sont pas toutes dans l’ordre et les numéros de rue ne se suivent pas. On passe de la 178 à la 184, rien entre les deux.

Elle ne sont pas forcément dans l’ordre. La rue n°430 est après la 484 vers le sud, la 21 dans le prolongement de la 19, qui devraient être tout au Nord et qui sont pourtant… tout au sud.

Les numéros de maisons, c’est à peu près pareil. Dans la rue 63, la numérotation commence au n°1, puis d’un coup il y a 6 n°43, ensuite on passe au n° 124 et enfin, si l’on continue la rue, la numérotation reprend à 24 après le 173, jusqu’à la rivière.

Sur les plans gracieusement donnés dans les guest house ou hôtels, on indique parfois les numéros, parfois les noms. Dans la grande majorité des cas, la serviabilité et le sourire du réceptionniste fera tout pour vous aider ne suffira pas. Les autres personnes qu’il sollicitera jusqu’à créer un petit attroupement ne vous seront sans doute pas d’un grand secours. Quant au chauffeur de moto-dop, il n’est pas rare qu’il s’arrête en plein carrefour pour demander à un ou plusieurs de ses confrères son chemin. Si en dernier recours vous consultez Dieu Google Maps, vous ne serez pas beaucoup plus avancé.

Pour parachever ce guide d’orientation de Phnom Penh, on ajoutera que les noms ou numéros de rues ne sont indiqués quasiment nulle part sauf sur les grandes avenues, que certains plans n’indiquent pas les mêmes numéros pour une seule et même rue, et que les numéros de maisons sont parfois effacés ou écrits au feutre sur la façade.

La solution consiste donc :

  • à vous munir de n’importe quel plan disponible là où vous logez et de l’avoir toujours sur vous, avec une croix là où se situe votre hébergement
  • de prendre votre plus beau stylo et marquer sur ce plan les points principaux de la ville : Psar Thmei (le marché central), Wat Phnom, la gare, les différents grands marchés, les principaux axes (avenues et grandes rues), les grandes pagodes, le Riverside
  • de noter à même le plan le nom de ces endroits en khmer et en anglais, sachant que le motodop ne comprend pas des masses l’anglais
  • durant votre trajet, de ne pas hésiter à vous arrêter ou faire arrêter votre carrosse pour repérer le numéro de rue
  • lorsque vous prenez un motodop ou un tuk tuk, ne pas indiquer le nom de votre hôtel (il ne le connait pas souvent), ni le numéro de rue (pas non plus) mais le nom d’un des grands points de repère proche de votre lieu de destination, et une fois arrivé à ce point, indiquer au chauffeur le trajet pour vous rendre là où vous allez. Repérage indispensable donc.
  • à apprendre quelques mots en khmer : le nom des sites, « plus loin », « à gauche », « à droite », « stop », « la rue d’après », « demi tour », « attendez ici ». Vous n’aurez pas besoin de « plus vite », oubliez ce terme au Cambodge.

Au coin de la rue, ma supérette


Pour une nouvelle c’est une sacrée nouvelle !

Je mets un coup de projecteur parce que la supérette à Phnom Penh c’est un lieu où l’on peut rester un bon moment.

Les hypermarchés n’existent pas. Il y a un seul grand supermarché (« Lucky » dans un centre commercial tout neuf). Les supérettes commencent à s’implanter, leur nombre augmente sous l’impulsion, entre autres, d’un français qui en a maintenant 5 au doux nom de « Smile ».

Ici, c’est Home Mart, au coin de la rue 154 et de la rue 51, très fréquentée par des locaux et des expatriés, une mixité qui fait parfois un peu bizarre car tout le monde se regarde un peu en chien de faïence. Mais ça se passe très bien.

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Dans ma supérette, la caissière est hyper souriante, il y a plein d’employés qui vont et viennent.

Certains préparent des smoothies, du café, des jus de fruit frais ou tire de la bière au fût.

Parce dans ma supérette, il y a des rayons avec des produits mais aussi un comptoir, un petit bar, 4 tables et des chaises. On peut donc boire un coup voire manger ce qu’on vient d’acheter. À côté de moi, un couple de khmers déguste des nouilles au poulet, car il y a aussi une fontaine d’eau bouillante pour préparer son petit plat lyophilisé acheté trois minutes avant.

Il y a de la musique. Khmère la musique. Pas trop fort, on ne danse pas ici.

Et puis les gens restent et discutent. Et puis il y a l’accès gratuit au wifi. Et puis c’est ouvert 7/7 et 24/24. Alors les jeunes viennent à toute heure et apportent leur mobile, leur iPad, leur portable et surfent, jouent, regardent des films ou des photos des copines. Et ça rigole bien.

Voilà, ma supérette est joyeuse et conviviale, la caissière sourit à tout le monde et le tiroir caisse fonctionne à plein. J’aime bien ma supérette.

En vrac !


Premier jour à Phnom Penh et premier jour de ce second voyage.

Et premières novelles impressions subtiles de retrouvailles. Rien à conclure ni rien à penser, à part que ma tête est un peu en vrac avec le décalage et la température.

Première décision : je ne fais rien pendant deux jours. Peut être trois.

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Vous avez l’électricité ? 

Pensée en vrac elles aussi :

  • déjeuner très agréable en terrasse avec Thierry ex Expat revenu pour… s’expatrier. Au menu, poulet basilic et riz avec une bière – très agréable
  • vu un petit groupe de cinq personnes assez bruyantes, toutes avec un petit (mais rempli à craquer) sac à dos décathlon – bruyant = ??? Français bien sûr, cette démarche assurée, cet air un rien fier presque supérieur, regardant un restaurant local en se disant que « ouiii c’est trop sympa ici, note l’adresse chéri (le chéri avait déjà avancé de 10 mètres, les pas vif et le dos courbé)
  • pluie forte pendant une grosse demie heure – les odeurs remontent, ça sent la pluie mais pas le printemps de chez nous, plutôt la poussière mais ça rafraîchit l’air et ce ne perturbe pas grand monde (aucun parapluie en vue). À noter que la pluie, comme l’eau en général, est un signe de prospérité ici et qu’elle est accueillie avec joie, et aussi très attendue à la campagne (merci Thierry pour cette info !)
  • sinon, le bruit des motos, tuk tuk et autres engins circulants, un paumé (la bonne cinquantaine, 1,90 mètres) avec une cambodgienne (jeune, 1,60 mètre), et une pagode visitée en janvier et des moines devant

Et pas d’appareil photo pour saisir ce croustillant brouhaha.

Et 37 degrés à vue de peau, pas besoin de thermomètre, il fait chaud.

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